Publié le 9 octobre 2026 à 09:33

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Le LOSC s’apprête à racheter « l’exploitation » du Stade Pierre-Mauroy, mais pas le stade en lui-même. Quelle est la différence derrière ce terme technique ?
Ce sont des révélations qui ont fait faire un bond aux supporters lillois. Ces dernières, faites par le média L’Équipe ce jeudi, annoncent que le LOSC a trouvé un accord avec le groupe privé de BTP Eiffage pour racheter l’exploitation du Stade Pierre-Mauroy. Celui-ci sera signé d’ici quatre mois, début 2027, soit la période réservée aux recours potentiels.
Dans ces informations, une nuance a immédiatement été posée : le LOSC ne devient pas propriétaire du Stade Pierre-Mauroy. Les murs restent à la Métropole européenne de Lille (MEL). Ce que le club s’apprête à acquérir, c’est la société qui exploite le stade depuis son ouverture. Il va prendre la main sur tout ce qui fait vivre l’enceinte au quotidien.
La situation avant rachat
Le Stade Pierre-Mauroy a été construit sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP). Signé en 2008, ce montage confiait à Elisa, filiale d’Eiffage, la construction, le financement, l’entretien et l’exploitation de l’enceinte jusqu’en 2043. En contrepartie, la MEL versait chaque année une redevance à Elisa. Le LOSC, lui, n’était qu’un club résident, qu’un simple locataire pour chacun de ses matchs à domicile.
Ce statut ne satisfaisait pas la formation lilloise. Olivier Létang, son président, déplorait régulièrement les conditions d’accueil et de trop nombreuses contraintes, notamment celles liées au fait de déménager ses équipes et son matériel après chaque rencontre.
« Exploiter » un stade ?
Concrètement, l’exploitant gère la vie de l’enceinte : l’organisation des matchs, évidemment, mais aussi des concerts, d’autres compétitions sportives ou tout simplement d’événements en tout genre, la commercialisation des espaces, l’entretien et la maintenance courante. C’est lui qui doit tirer des revenus de l’équipement.
« Lille ne rachète pas l’exploitation pour perdre de l’argent », a bien précisé Eric Skyronka, président de la MEL. Le LOSC pourra décider de son calendrier d’événements et en retirer les revenus, tout en assumant les coûts qui y sont liés. La MEL, de son côté, conserve ses intérêts. Elle reste propriétaire et continue à toucher une part des bénéfices (minimum garanti et éventuelles recettes additionnelles). Cela correspondait, en 2025, à 6,8 millions d’euros.
L’objectif de la MEL a toujours été de « trouver un partenaire privé capable d’exploiter » son stade, soulignait un rapport rédigé lors de la construction de l’enceinte, dont le chantier avait coûté 324 millions d’euros. Sa conception, avec son toit et sa pelouse rétractables, visait la multifonctionnalité : concerts, autres sports, événements. Le pari était que l’exploitant génère des revenus hors football et allège la facture publique.
Racheter l’exploitation, c’est donc devenir l’exploitant. Le LOSC va acquérir Elisa et ses filiales au sein d’une nouvelle structure nommée Lille Arena SAS Opération LEDA. Il devrait reprendre le contrat là où Eiffage l’a laissé.
Des différences avec Lens
Le Nord se veut proactif, puisqu’un autre de ses clubs a récemment modifié son statut vis-à-vis de son stade. Il s’agit du RC Lens, qui a racheté le stade Bollaert-Delelis à la Ville de Lens pour 27 millions d’euros en 2025.
Le contexte est bien distinct de celui constaté à Lille. Bollaert a été inauguré en 1933, bien avant le Stade Pierre-Mauroy (2012), et appartenait à la Ville depuis 1974, qui l’avait racheté pour un franc symbolique. Il n’y avait donc ni partenariat public-privé ni exploitant privé. Les dirigeants lensois, avec cette acquisition, peuvent ainsi prévoir des réaménagements plus conséquents, jusqu’à imaginer un projet immobilier autour de l’enceinte.
Malgré ces différences, le LOSC et le RC Lens poursuivent les mêmes objectifs : diversifier leurs revenus en dehors des jours de match. Les Lensois ont simplement acheté la pierre, tandis que Lille se contentera d’acheter la gestion.
Ne ratez plus rien de l'actu des Dogues : Chaque soir à 18h, on vous résume la journée en 4 liens sur WhatsApp. Cliquez ici pour rejoindre notre chaîne.






