Publié le 21 mars 2026 à 15:43

Bruno Genesio sur le banc lillois pendant LOSC - Aston Villa.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

L’élimination du LOSC sur la pelouse d’Aston Villa (3-0, score cumulé) a fait naître quelques critiques. Les choix tactiques opérés par Bruno Genesio et son staff technique ont notamment été pointés du doigt, ce que le technicien n’a pas apprécié. Il a ainsi haussé le ton en conférence de presse ce samedi. 

Il y a quelques jours à peine, de l’autre côté de la Manche, le LOSC étonnait avant même le coup d’envoi du second duel qui l’opposait à Aston Villa en huitièmes de finale de la Ligue Europa. Bruno Genesio, son entraîneur, alignait une composition inédite avec la présence de trois défenseurs centraux et de, sur le papier, seulement deux joueurs à vocation offensive (Félix Correia et Olivier Giroud).

C’est donc avec une certaine prudence que les Dogues avaient abordé cette opposition, ce qui avait été traduit par une première période fermé. Aston Villa et le LOSC ne s’étaient procurés qu’une véritable occasion chacun : Amadou Onana (41′), d’une tête qui avait contraint Berke Özer à la parade, avait répondu à Ayyoub Bouaddi (21′), trouvé à bout portant, mais dont la tête filait au-dessus des cages.

Le LOSC finissait par craquer en seconde période, sur un contre (54′), après avoir pourtant augmenté sérieusement l’intensité. La tâche était ensuite devenue trop compliqué et ses hommes craquaient définitivement (86′), battus une seconde fois (2-0) et éliminés de la Ligue Europa. Au coup de sifflet final, alors que les Villans avaient été peu inquiétés, les choix opérés par le staff technique lillois ont fait l’objet de certaines critiques.

Le coup de gueule

Ces remontrances, qu’il était possible de lire ou d’entendre dans différents médias locaux et nationaux, n’ont été que peu appréciés par Bruno Genesio, ce qu’il a fait savoir en conférence de presse ce samedi. Il a, avant de répondre aux questions des journalistes présents sur place pour introduire la rencontre qui opposera le LOSC à l’OM dimanche (17h15), réaliser un préambule pour s’expliquer et pointer du doigt, selon lui, certaines remontrances injustifiées.

« J’ai vu et lu des choses après le match d’Aston Villa qui ne m’ont pas forcément plu, je ne vous le cache pas, débutait-il, s’apprêtant à pousser une sorte de coup de gueule. Je parle de choses sur le fait que l’on avait misé sur une tactique très défensive, sur le fait qu’à la fin du match, le staff, les dirigeants n’avaient pas l’air très déçus d’être éliminés et qu’on avait plus ou moins galvaudé ce match, cite-il ainsi tour à tour. Je vais ramener deux ou trois petites précisions et vous expliquer les raisons de mes choix. »

Les explications de Bruno Genesio

Le technicien lillois a décliné son propos en plusieurs points distincts pour clarifier les choses. Il évoquait, en premier lieu, l’enchaînement des rencontres : « Premièrement, on va jouer notre 18e match depuis début janvier en allant à Marseille demain (dimanche, 17h15). C’est autant que le PSG ou que Lyon. Nous ne sommes que trois équipes du haut de tableau à avoir joué autant de matchs », lâchait-il pour débutait.

« Ce système, c’est celui qui s’imposait à mes yeux. »

Bruno Genesio enchaînait en soulignant le nombre de blessés importants au sein de son effectif : « Deuxièmement, vous n’êtes pas sans savoir qu’on a sept joueurs blessés, dont quatre attaquants (Osame Sahraoui, Ethan Mbappé, Hamza Igamane et Gaëtan Perrin), tenait-il ensuite à rappeler. Troisièmement, il était donc logique dans mon esprit d’aligner à la fois une équipe compétitive pour se qualifier, parce que contrairement à ce que j’ai pu lire, n’avons pas galvaudé le match à Aston Villa, tout en mettant quelques joueurs au repos (Fernandez-Pardo, Haraldsson, Mandi, Santos) en vue de l’enchaînement des matchs », tentait-il ainsi d’expliquer.

C’est ainsi, en prenant en compte chacun de ces critères, que l’entraîneur du LOSC réalisait sa composition (5-3-2) : « Il me semblait donc que le système le mieux adapté était celui de jouer à cinq derrière avec, c’est vrai plus de joueurs défensifs qu’offensifs, mais regardez le nombre de blessés qu’on a en attaque, regardez l’effectif que l’on a, s’exclamait encore Bruno Genesio, pointant cette fois du doigt un secteur au sein du club. Et à partir du moment où j’avais décidé de faire quelques rotations pour préserver la santé de mes joueurs, parce que c’est quand même important aussi, c’était le système qui s’imposait à mes yeux. Je n’ai pas pensé à ça en me levant le matin parce que je voulais jouer de façon défensive », déclairait-il encore.

Il finissait par avouer, après ce long monologue, avoir été « assez irrité » par l’ensemble des critiques formulées à son égard.

Le « souffre-douleur »

Le coup de gueule réalisé par Bruno Genesio, pour conclure, se termine par des mots traduisant un sentiment d’injustice. Le technicien lillois a eu l’impression d’être la cible : « Mais profitez-en parce que quand j’aurai quitté le championnat de France de Ligue 1, il faudra trouver un autre souffre-douleur que moi, s’agaçait-il encore. Je vous laisse un peu de temps pour décider sur qui vous jetterez votre dévolu », enchaînait le technicien, sérieusement touché par ce qui avait pu être dit et écrit dans les médias ces derniers jours.

Ce n’est quelques minutes plus tard, relancé, qu’il concluait son propos : « Mon travail, les performances de mon staff et les miennes, sont souvent réduites au fait que j’ai une bonne entente avec mes joueurs. Comme s’il suffisait que l’on passe des soirées ensemble, que c’est pour ça qu’on a des résultats, que tactiquement, il n’y a rien… J’en ai un peu assez depuis quelques temps d’entendre ça. C’est un cri du cœur que je fais là », terminait Bruno Genesio, véritablement touché.

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