Publié le 20 mars 2026 à 00:14

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
À l’issue de la défaite à Villa Park contre Aston Villa FC (2-0), Bruno Genesio est revenu sur les différents évènements de la soirée devant les journalistes.
Un pari osé avec une défense à cinq, mais un pari manqué pour le technicien des Dogues qui s’est justifié sur ses choix et qui a commenté la performance de son équipe.
Un adversaire supérieur
Est-ce que sur ce genre de match, il y a des regrets à avoir ou finalement non quand on voit la qualité de l’adversaire que vous avez affronté ce jeudi soir ?
Des regrets, on peut toujours en avoir, y compris sur le match à Lille parce qu’on prend, je pense, des buts évitables, que ce soit à l’aller ou ce soir, notamment le premier but qui déclenche beaucoup de choses. Après, comme vous l’avez dit, je pense que sur la double confrontation, on a vu la différence entre une équipe du haut de tableau en Premier League, qui a de l’expérience, et une équipe qui a beaucoup de qualité mais qui doit apprendre beaucoup.
Sur le premier but, il y a une top relance de Martinez…
C’est un gardien de très haut niveau. Je l’avais dit à l’aller parce qu’on parlait beaucoup de ses facéties mais j’avais bien rappelé qu’il fallait aussi spécifier que c’était un très grand gardien. Donc, là-dessus, il a été très bon sur son dégagement, mais nous, on a été enfantins. On est enfantin de se faire prendre un but de cette façon-là. On a un coup franc pour nous, on doit avoir des équilibres et en fait, on n’a rien. Après, c’est 1 contre 1, il y a le joueur qui va être le premier et c’est très difficile. C’est là-dessus où on doit progresser.
« Un parcours européen un petit peu bizarre »
Au niveau de l’expérience, est-ce que l’absence de Benjamin André a été préjudiciable ?
On ne saura jamais, mais c’est énorme l’expérience. Aston Villa a un effectif qui totalise 600 sélections. Forcément, l’absence de Benjamin dans ce genre de match, elle est préjudiciable. Mais ça fait partie des aléas d’une saison. On doit être capable de faire avec. Je pense que même sans Benjamin, on aurait pu mieux défendre sur le premier but qu’on encaisse et c’est déterminant. Tant qu’on est à 0-0, on sent qu’il y a un peu de fébrilité parfois chez eux aussi. Après, une fois qu’ils ont ouvert le score, c’est beaucoup plus difficile. Ils se sont regroupés avec leurs deux lignes de quatre très serrées. On a eu très peu d’espace pour les déséquilibrer et eux ont joué dans leur confort, à savoir des contre-attaques avec des joueurs qui vont très vite.
Un plan de jeu détaillé
Est-ce que vous pouvez nous expliquer votre plan de jeu initial ? Ça nous a un peu surpris le fait que vous ayez eu deux attaquants de métier sur le terrain. Quelle était l’idée derrière ce plan ?
En fait, on est basés sur le nombre d’attaquants, on peut aussi jouer avec cinq gardiens, c’est pas pour ça qu’on ne prendra pas de buts. L’idée, c’était de contrecarrer ce qui nous avait posé problème à l’aller, avec le nombre de joueurs qu’ils mettaient à l’intérieur du jeu, et nous de leur en poser aussi, quand on avait le ballon avec des joueurs très écartés, très hauts, nos pistons en l’occurrence, Thomas et Romain de l’autre côté. Et d’avoir, nous aussi, des positions intérieures, que l’on avait avec Gala et Felix, pour venir en soutien d’Olivier et d’avoir trois défenseurs centraux qui étaient capables de sortir très haut sur leur position défensive intérieure pour gagner le rapport de force au milieu de terrain. Je pense que ça a plutôt bien fonctionné jusqu’au premier but. Après, lorsque vous encaissez un but de ce style-là en Coupe d’Europe, c’est difficile d’espérer pouvoir se qualifier parce que c’est coup franc pour nous, contre-attaque, enfin dégagement et but. C’est la grosse différence entre des équipes qui sont expérimentées, qui ont l’habitude de ce genre de rencontres, et nous qui manquons encore un petit peu d’expérience pour éviter ça. Mais sinon, il n’y a pas grand-chose à reprocher à mon équipe. Elle a répondu à ce que j’avais demandé et on a fait le maximum. Je pense qu’on avait presque pris l’ascendant au moment du but et on parlait de regrets, c’est peut-être là où j’ai le plus de regrets ce soir.
Dans votre défense à trois, vous avez aligné Alexsandro ? Comment l’avez-vous trouvé ?
Ça faisait très longtemps qu’il n’avait pas joué. Je pense qu’il a fait une bonne rentrée. Après, j’ai senti que ça commençait à être dur physiquement. Sur le temps de jeu qu’il a eu, je l’ai trouvé plutôt bien, à l’image de deux autres centraux avec Chancel et Nathan.
On a vu l’entrée de Matias et de Hakon qui avaient été très bons face à Rennes. Aujourd’hui, on les a sentis un peu moins en confiance. Est-ce que la pression de l’adversaire, avec autant d’expérience, fait qu’il n’y avait pas cette même fougue que face à Rennes ?
Oui, après, de débuter un match et de rentrer en cours de jeu, c’est jamais la même chose. C’est peut-être plus difficile dans ce genre de match de rentrer. En plus, ils sont rentrés quand il y avait beaucoup moins d’espaces que dans le match à Rennes, par exemple. Forcément, c’est difficile. Mais je dois aussi gérer l’effectif. On a beaucoup de matchs. On va jouer notre 18ᵉ match dimanche. Je dis tout le temps qu’on a besoin de tout le monde. On a un groupe et c’est avec un groupe de 22, 23 ou 24 joueurs qu’on atteint les objectifs et pas seulement avec onze joueurs. C’est aussi une des raisons pour lesquelles ils n’étaient pas sur le terrain au départ du match. Mais on a vu qu’on était capables de rivaliser, même sans eux. Je crois que c’est aussi ce qui est encourageant de voir que, malgré tous les blessés qu’on a, on est capables de rivaliser avec une équipe de ce niveau-là.
Le bilan européen
Que retenez-vous de votre parcours européen ?
Un parcours un petit peu bizarre parce qu’on a très bien débuté avec des matchs aboutis sur les deux premières rencontres. Après, un peu d’irrégularité dans nos résultats et dans nos performances. Puis, on est allé chercher cette qualif’ pour les seizièmes de finale avec un match aller catastrophique et assez décevant. Puis, une qualif’ à Belgrade où personne à part nous pensait qu’on allait décrocher. Et je pense, deux matchs, c’est un peu dur de dire ça, assez cohérents finalement contre l’une des meilleures équipes de cette compétition. Mais, on a ce sentiment d’impuissance. On a l’impression qu’on a fait un jeu égal, qu’on a tenu en respect cette équipe. Mais finalement, l’écart est important à la fin.






