Publié le 14 février 2026 à 22:16

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Opigez
En conférence de presse, Bruno Genesio est revenu sur la performance des siens dans ce LOSC – Stade Brestois 29. Une rencontre qu’il juge similaire aux précédentes.
C’est un point au goût de trop peu ce soir au vu des occasions et de la première période que vous avez largement dominée ?
J’ai l’impression qu’après beaucoup de matchs, en conférence de presse, je répète les mêmes choses. Il faudrait presque me donner mes propos des derniers matchs et les reprendre. Je pense qu’on a fait une bonne première mi-temps, en tout cas au moins 35 minutes de très bonne facture, avec de la variété dans notre jeu. On a essayé de varier sur le jeu court, sur le jeu combiné, sur des centres. On s’est créé des occasions. Malheureusement, on n’a pas marqué. Mais dans ces moments-là, ce que je regrette, c’est notre début de deuxième mi-temps où on s’est un petit peu empêtrés à vouloir tenter des choses trop difficiles. On a donné un ou deux ballons de récupération à cette équipe de Brest et sur une des pertes de balles, alors qu’on avait eu déjà un ou deux avertissements avant, on a été sanctionnés. Après, vous êtes obligés de courir après le score, ce qui nous arrive trop souvent depuis ce début de l’année. C’est difficile face à une équipe qui est bien regroupée, bien organisée, qui sent qu’elle peut faire quelque chose. C’est difficile de gagner. On a su revenir. C’est un moindre mal, mais ce n’est pas suffisant, évidemment.
Comment on vit en tant que coach ces périodes où, vous l’avez dit, on est surtout plombé par le manque d’efficacité, alors que c’est un aspect où, peut-être qu’en tant que coach, on a un petit peu moins d’impact dessus que sur l’élaboration du jeu, la création d’occasions, etc. ?
C’est difficile. C’est la première fois que je vis cette situation en tant que coach. Ça fait dix ans que je suis coach numéro un, et c’est la première fois que ça m’arrive d’avoir une série comme ça de résultats, on va dire, difficiles. Concernant l’animation offensive, on a aussi quand même, nous, les coachs, une responsabilité puisqu’on travaille, mais pas suffisamment, apparemment, pour au moins donner… Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui se passent au niveau mental en ce moment. On le voit dans la frustration que peuvent dégager les joueurs lorsqu’ils ratent une occasion ou lorsqu’on manque de réussite. Et c’est surtout, je pense, dans ce domaine-là qu’on va devoir énormément travailler pour retrouver notre efficacité.
Est-ce que vous considérez que la première mi-temps de votre équipe était la meilleure depuis trois mois ? Et plus largement sur le replacement d’Hakon Haraldsson un cran plus bas, est-ce que vous considérez que c’est peut-être ça qui a libéré votre équipe sur cette partie-là du match ?
Je ne sais pas, difficile de le savoir. En tout cas, la meilleure première période, je ne sais pas. Je trouve qu’à Lyon, on avait fait aussi pas mal de bonnes choses, peut-être encore plus sur la continuité du match mais avec un résultat qui n’était pas favorable. Mais c’est vrai que c’était une bonne première mi-temps, avec de l’énergie, avec de la variété dans notre jeu, avec, encore une fois, beaucoup de ballons touchés dans la surface, beaucoup d’occasions créées. Maintenant, le plus difficile, c’est de marquer les buts et en ce moment, c’est ce qui nous fait un peu défaut. On garde quand même une solidité défensive, même si ce soir on a encaissé un but. Il faut continuer à travailler, surtout ne pas lâcher, garder la confiance, garder cette envie de créer du jeu, en gommant un petit peu les imprudences et les prises de risques inutiles qu’on peut prendre dans certaines zones de jeu, pour éviter justement d’offrir des occasions à nos adversaires.
« Deux points sur 18, ça ne m’est jamais arrivé. »
Tout à l’heure, vous avez parlé de la nécessité de retravailler sur le mental encore pour les situations offensives. Cette semaine, vous disiez que vous aviez une approche déjà un peu différente, avec peut-être un côté plus analytique avec vos attaquants et même avec toute l’équipe. Est-ce que vous allez continuer sur cette voie ou vous voulez marquer une rupture sur une semaine à deux matchs ? Est-ce que vous avez déjà réfléchi à ce que vous allez faire ?
Là, c’est plus difficile parce qu’on va rejouer jeudi et dimanche. L’entraînement, c’est plutôt de la récup’ pour ceux qui jouent, un travail de vidéo. Je crois surtout que ça va être aussi laver les têtes, parce que j’ai vu en première mi-temps, même si on a fait une bonne première mi-temps, qu’il y a eu des frustrations parce qu’on n’avait pas réussi à ouvrir le score. Il faut qu’on lutte contre ça. Il faut qu’on lutte contre ça, c’est difficile parce que c’est frustrant de répéter le même genre de match et de faire les mêmes constats d’après-match, de journée après journée. Mais il faut absolument qu’on garde le cap de ce qu’on fait, pas toujours très bien depuis le début de l’année mais quand même la plupart du temps plutôt bien, parce que je suis persuadé qu’à un moment donné, il y aura un déclic et que ça va tourner parce que si on enlève le match de Strasbourg ici, et je vous l’ai dit, je l’assume pleinement celui-ci par rapport à la compo et au système, il y a quand même quasiment dans tous nos matchs depuis ce début d’année, plein de bonnes choses dans le jeu, des occasions, des situations, des tirs, un nombre de ballons incroyables touchés dans la surface, un nombre de ballons assez importants récupérés très haut sur le terrain grâce à un pressing plutôt intéressant. Mais c’est sûr que ce qui compte dans le foot de haut niveau, c’est les résultats. Ce sont les résultats et les résultats ne sont pas là. Forcément, c’est quand même ce qu’il y a de plus important. Donc à nous de faire abstraction de tout ce qu’on peut lire ou entendre pour se concentrer vraiment sur ce qu’on doit améliorer, mais aussi d’être lucides sur ce qui fonctionne encore bien depuis quelque temps.
On était récemment heureux de retrouver André Gomes, il était dans le groupe et malheureusement pas sur la feuille de match. Est-ce que vous pouvez nous donner des nouvelles de son cas ?
Je ne commenterai pas l’absence d’André. Je pense qu’il y aura peut-être d’autres personnes qui pourront le faire à ma place.
Vous venez de dire que c’est la première fois que vous vivez un peu cette période dans votre carrière ?
Oui, deux points sur 18, ça ne m’est jamais arrivé.
Alors justement, même si c’est une expérience, des fois on essaie quand même de la vivre et d’en sortir. Quels sont vos ressorts pour en sortir ? Quelle est la méthode que vous essayez d’employer pour en sortir ?
Après le match, il y a toujours une période difficile parce que lorsque vous êtes entraîneur de haut niveau, ce qui nous anime, c’est de gagner. Il y a plusieurs choses qui nous animent : faire progresser l’équipe, faire progresser les joueurs individuellement et gagner. Et forcément, quand cette troisième possibilité n’est pas là, on vit très mal. Là, je vais passer une mauvaise nuit. Et puis demain, je suis déjà dans ce que je vais dire aux joueurs, dans ce que je vais faire pour jeudi, dans ce qu’on doit encore faire… Comment on peut, je parlais de l’aspect mental, aider les joueurs à casser ce frein. J’ai l’impression qu’il y a un frein devant le but, comment le casser ? Et voilà, parce que c’est notre job. C’est toujours d’abord la déception, la frustration, la colère. Ça peut être plein de sentiments différents. Et puis dès le lendemain, il y a la remise en cause et il y a la projection sur le match d’après et sur tout ce que vous devez mettre en place avec votre staff, avec vos joueurs, pour les aider parce que c’est notre rôle. Donc voilà, on aime mieux quand c’est des séries de victoires, comme c’était le cas avant la trêve. Mais ça fait partie aussi de notre job. Et c’est aussi là où nous, coachs, on doit garder du recul, on doit garder une analyse froide et non pas liée uniquement aux résultats. Et c’est ce qui est le plus important.






