Publié le 2 février 2026 à 19:08

Les joueurs du LOSC unis malgré la défaite.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Défait pour la quatrième fois consécutive en Ligue 1 (1-0 face à l’OL), le LOSC n’avance plus. Comment les supporters lillois perçoivent cette dynamique ? Place à la parole aux supporters. 

Bien entrés dans la rencontre, les Dogues ont longtemps cru pouvoir ouvrir le score. Quand Romain Perraud manque de précision sur sa tentative (13e),Matias Fernandez Pardo voit la sienne détournée du bout des doigts par Dominik Grief (28e). Contre le cours du jeu, ce sont les Lyonnais qui frappent en premier. À l’issue d’une longue chevauchée, Ruben Kluivert élimine Ngal’ayel Mukau puis Tiago Santos. Esseulé, Noah Nartey est servi et ajuste Berke Özer, impuissant (1-0, 37e).

Malgré une maîtrise du ballon lilloise jusqu’au coup de sifflet final, le danger s’est fait rare. Les Dogues se sont ainsi inclinés une nouvelle fois en 2026, avec un sentiment d’impuissance. Quelques heures après la partie, nous sommes allés à la rencontre d’Evan et Florian, deux supporters lillois.

Une question de ressenti

Après dix minutes de jeu, l’entame lilloise laissait présager une issue favorable pour Evan, présent en parcage. « Mon premier ressenti durant le match, c’était de l’espoir, confie-t-il . On était bons à l’entame, on avait le ballon. Lyon n’avait pas tellement d’occasions. De notre côté, on a eu les frappes de Perraud et de Fernandez-Pardo. »

Mais comme souvent dans cette période de doute, le réalisme adverse a agi comme une douche froide. « Lyon marque sur sa seule occasion et automatiquement, c’est la frustration qui prend le dessus. » Si le LOSC a su rester solide au fil des minutes, le manque de tranchant a fini par user les nerfs des supporters. « On a continué à être solides mais il ne se passe rien devant, malheureusement… « 

« On a énormément de mal à être dangereux »

C’est touché et avec un certain fatalisme que Florian revient sur la rencontre. « Je suis blasé. J’aime tellement ce club que ces mauvais résultats m’affectent vraiment. Match après match, on ressort avec la même frustration. » Selon lui, c’est le manque de créativité qui paralyse les Dogues. « On a le ballon, on le tient plutôt bien, mais on a énormément de mal à être dangereux. Tout semble bridé, comme si on jouait avec la peur de mal faire. » 

Florian pointe aussi du doigt un effectif bricolé par la force des choses. « Mukau évolue sur un côté qui n’est clairement pas son poste. On peut lui reprocher des choses, mais il fait ce qu’il peut dans un rôle qui n’est pas le sien, » avoue le supporter, mitigé sur les prestations du milieu de terrain congolais.

Cette impuissance offensive, Evan l’analyse comme un piège tactique tendu par l’ancien coach de la maison, Paulo Fonseca. « C’est certainement voulu par Fonseca, qui sait très bien que Genesio a énormément de mal avec les blocs bas. Après le but, Lyon est passé en bloc médian, voire bas, pour nous forcer à monter et nous prendre en contre. » Pour le supporter, le constat est sans appel. « Comme je l’ai dit, hormis les frappes de Perraud et de Fernandez-Pardo, je ne me rappelle d’aucune occasion créée par nous-mêmes. Une équipe solide mais en manque totale d’inspiration face à un Lyon bien structuré. »

Une défense fébrile ?

Souvent décrit comme l’un des points forts du jeu lillois, la charnière centrale lilloise peine à satisfaire depuis le début d’année 2026. Comment les supporters lillois perçoivent ce point, devenu une carence au fil des semaines ?

Interrogé à ce sujet, Evan se veut mesuré, rappelant l’impact des absences. « Avec la blessure d’Alexsandro et les absences d’Aïssa Mandi et de Chancel Mbemba liées à la CAN, c’était beaucoup plus compliqué. Leur retour de cette compétition était peut-être préicipité, les ayant mis en difficulté physiquement et mentalement. » Pour stabiliser l’arrière-garde, il a déjà sa préférence. « Pour moi, la charnière doit être Ngoy et Mandi. Ils ont été solides à la relance face à Lyon et contre Fribourg. »

« Il faut espérer qu’un match, un but, un résultat, fasse basculer la dynamique »

Aux yeux de Florian, le mal est plus profond. « Le problème n’est pas technique ou physique, il est surtout mental. On sent une équipe qui doute énormément. Les joueurs hésitent, se posent trop de questions dans les choix et les placements. » Le supporter appelle à une prise de conscience collective. « Il faut faire le dos rond et espérer qu’un match, un but, un résultat fasse basculer la dynamique. Tant que cette spirale négative n’est pas cassée, ça restera fragile. «  Concernant les noms, il rejoint Evan. « Alexsandro est revenu trop tôt et il enchaîne les erreurs. Il faut remettre de la stabilité avec Mandi et Ngoy. »

Des ambitions à revoir ?

Si les Dogues restent cinquièmes, ils sont désormais à sept longueurs de l’Olympique Lyonnais, quatrième. Dans ce contexte où le LOSC ne parvient plus à trouver le chemin de la victoire, les ambitions doivent elles être revues à la baisse ?

Malgré la distance qui se creuse avec le podium, l’espoir n’est pas totalement éteint chez les supporters, à condition d’un sursaut immédiat. « On est à sept points du top 4, tout va se jouer lors des cinq prochains matchs de Ligue 1 contre des adversaires à notre portée, calcule Evan. Si l’équipe fait preuve de caractère, la saison sera relancée. C’est notre dernière chance. » Lucide, le supporter prévient que les Dogues n’ont plus le droit à l’erreur. « Il faut au moins gagner quatre matchs sur cinq. S’il n’y a pas de réaction, la saison est foutue et il sera inutile de passer les barrages d’Europa League. »

« Les blessures ne nous aident pas »

Florian, lui, veut croire à une « remontada » dont le LOSC a le secret. « Les objectifs restent les mêmes. Je sais que cette équipe est capable de faire une fin de saison incroyable. Même si on est un peu distancés, rien n’est encore joué. »  Il concède toutefois que l’infirmerie dictera la suite des événements.  « Les blessures ne nous aident pas. L’absence de Bentaleb se fait sentir pour le calme au milieu, et devant, la blessure d’Igamane nous a fait très mal. » Pour Florian, la solution passe par une meilleure utilisation des joueurs disponibles. « Notre jeu est trop stéréotypé. Haraldsson fait de son mieux mais il ne peut pas être partout, et Giroud est trop peu mis en valeur. »

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