Publié le 4 janvier 2026 à 13:01

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Nicolas Opigez
Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses, voici l’objectif de cette rubrique qui perdure en 2026. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors de la défaite du LOSC (0-2) contre le Stade Rennais.
La dix-septième journée de Ligue 1 était synonyme de rentrée pour la Decathlon Arena – Stade Pierre Mauroy, qui accueillait un duel entre le LOSC et le Stade Rennais ce samedi (21h05).
Coup d’envoi programmé tardivement, la rencontre avait pourtant débuté bien plus tôt pour Gaspard Degryse. Supporter lillois et passionné de course à pied, cela fait plusieurs mois qu’il s’est lancé un défi, celui de parcourir des kilomètres (10 par but marqué, 1 par but encaissé) en fonction des résultats engrangés par son équipe favorite. Gaspard avait ainsi prévu de parcourir 104 kilomètres (pour la victoire à Lorient et le nul à Brest en début de saison) autour de l’enceinte lilloise. C’est ce qu’il a fait de 8h30 à 20h45. Roi du parvis, il a amené de nombreux membres de la communauté lilloise dans son sillage et finit sa course au plus près de la pelouse, sous les applaudissements du public lillois. Gaspard pouvait ensuite poser fièrement avec un maillot signé par tous les joueurs et floqué 104 dans son dos : une juste récompense au vu de l’effort réalisé. Il aurait néanmoins sans doute privilégié un succès à ce présent.
Surpris par un tel dénouement, Marius Broholm devait l’être lui aussi. Le Norvégien n’avait jamais connu la défaite en Ligue 1 après avoir été titularisé (1 nul, 1 victoire), ce qui pouvait peut-être s’expliquer par son rituel porte-bonheur. Lorsqu’il rentre au vestiaire, après l’échauffement, il touche brièvement les parties génitales de la statue du Dogue présent dans le tunnel. Si cette démarche est censée lui porter chance, l’effet n’a cette fois-ci pas été celui escompté.
Le déménagement des DVE
Lors de l’échauffement justement, avant et après aussi d’ailleurs, on pouvait apercevoir une banderole située au niveau 0 de la Tribune Nord : « LFP, toujours pas de bonnes résolutions, toujours aussi c*** », était-il possible de lire. Cette dernière comblait le vide d’une tribune suspendue pour utilisation d’engins pyrotechniques quelques semaines plus tôt. Dans l’incapacité de se positionner à leur place habituelle, les membres de la section des Dogues Virage Est se plaçaient alors juste à côté de la tribune réservée aux médias. Insultes en tout genre, enceintes tournées vers des journalistes en train de commenter la rencontre, une sirène allumée en continu… Cette disposition a évidemment peu été appréciée.
Conditions de travail absolument scandaleuses à Pierre Mauroy, DVE collés à la tribune de presse qui balancent dans les enceintes vers nos micros « les médias c’est de PD », sirènes de hauts parleur etc pour empêcher de bosser. Ça va durer longtemps @losclive @LFPfr ??
— François Rauzy (@RauzyFrancois) January 3, 2026
Le kop lillois a d’ailleurs, par ses chants, provoqué l’arrêt momentané de la rencontre. Leur banderole était de son côté retirée dans ce laps de temps. L’arbitre du soir, Eric Wattellier, réclamait qu’un message d’avertissement soit lancé dans l’ensemble du stade. Celui-ci, comme trop souvent, était tout simplement inaudible. En cause ? La qualité de la sono, déplorable.
Invective envers le corps arbitral
Déplorable ? Il en fut de même avec l’attitude des dirigeants lillois à la pause. Bruno Genesio était d’abord retenu par Nabil Bentaleb et Berke Özer, sans quoi il se dirigeait sur la pelouse vers Eric Wattellier afin de se plaindre de l’exclusion prématurée (14′) d’Alexsandro. Quelques minutes plus tôt (26′), Arnaud Bodart semblait déjà, presque dans un rôle d’adjoint, avoir tenté de calmer les choses auprès du 4e arbitre. « Depuis hier y’a que des merdes, c’est pire encore que l’année dernière, lui c’est le number one, lui c’est le top du top », lançait tout de même le technicien dans les couloirs, qui se souvenait encore des erreurs commises lors du Derby du Nord perdu à Lens (3-0) en septembre dernier.
Olivier Létang, président du LOSC rapidement présent au bord du terrain, renchérissait à son tour : « Vous savez ce que vous avez fait, c’est une honte, c’est un scandale », s’exclamait-il notamment, lançant même l’idée de ne pas disputer la seconde période. Les Dogues laissaient ainsi seuls les Bretons sur la pelouse pendant plusieurs minutes. La mi-temps aura duré son temps. La seconde, durant laquelle ils ont encaissé deux buts, est quant à elle à oublier. La prise de bec s’est conclu par l’absence d’une poignet de main, entre Bruno Genesio et Eric Wattellier, au coup de sifflet final.
Les Bretons en terre conquise
Vainqueur du LOSC (0-2), le Stade Rennais se sentait comme chez lui dans les entrailles de la Decathlon Arena – Stade Pierre Mauroy. Elle qui fourmille habituellement, paraissait désespérément vide. Il faut dire qu’à peine descendus de leur perchoir, les journalistes étaient accueillis par le directeur de la communication média du club pour les prévenir que Bruno Genesio ne s’exprimerait pas en conférence de presse. Un « choix personnel » était évoqué.
S’ensuivait une petite escarmouche suite à une demande de réactions sur les chants haineux, parfois homophobes, entonnés en tribunes à l’encontre du corps arbitral, des rivaux lensois, de certains joueurs rennais mais aussi des journalistes présents à seulement quelques mètres. Refus catégorique : aucun dirigeant lillois n’a souhaité s’exprimer à ce sujet après la rencontre. Personne n’est d’ailleurs véritablement apparu sous nos yeux, si ce n’est Nabil Bentaleb, seul joueur missionné pour la zone mixte. Thomas Meunier avait quant à lui pris à sa charge les obligations envers Ligue 1+, diffuseur officiel. Le Belge quittait d’ailleurs l’enceinte lilloise avec un panier garni sous le bras, le seul dans ce cas.
L’ambiance était évidemment bien plus joyeuse du côté breton, qui faisait de ce dédale son territoire. Przemyslaw Frankowski et Brice Samba, copieusement insultés et sifflés à leur rentrée au vestiaire, se sentaient bien plus à l’aise dans ces couloirs vides. Arnaud Pouille, ancien directeur général du RC Lens et actuel président du Stade Rennais, s’entretenait de longues minutes avec certains journalistes, tout comme Habib Beye. Malgré une apparition en conférence de presse, il échangeait encore (une dizaine de minutes) avec les médias en zone mixte : tactique, arbitrage, évolution de certains jeunes… tout y est passé. Le technicien rennais participe même à un jeu de pronostics avec les journalistes locaux. Du jamais vu à Lille.






