Publié le 26 décembre 2025 à 08:01

Lucas Chevalier au début de la rencontre, lors de l'entrée sur le terrain.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Après trois saisons en tant que numéro un du LOSC, Lucas Chevalier s’est, au cours de l’été 2025, engagé au Paris Saint-Germain. Quel est le bilan de ses premiers mois dans la capitale ? 

Arrivé à Lille en 2014 à l’âge de 13 ans, Lucas Chevalier y a fait toutes ses classes jusqu’à toucher le graal : le monde professionnel. S’il n’était pas numéro 1 lorsque les Dogues ont décroché leur quatrième titre de Ligue 1, il a conquis cette position en 2022, après un prêt concluant d’une saison au VAFC.

Bien que Leo Jardim ait été positionné au sommet de la hiérarchie des gardiens en début d’exercice, Lucas Chevalier s’est rapidement immiscé dans les débats, au point de voir un chant émerger dans les tribunes. Titularisé pour la première fois au Vélodrome, il ne quitte plus son statut. Match après match, il brille, à l’image de son premier derby durant lequel il stoppe un penalty de Florian Sotoca avant de réussir une superbe envolée sur une frappe d’Alexis Claude-Maurice.

Les saisons s’enchaînent et Lucas Chevalier ne s’arrête plus de grandir. Il illumine les soirées européennes lilloises, goûte à sa première sélection en équipe de France puis décroche le titre de meilleur gardien de Ligue 1 pour la saison 2024-25. Beaucoup le sentaient, le LOSC était devenu trop petit pour un gardien de son envergure. C’est donc à Paris, dans la capitale française, que l’enfant du coin a décidé de poser ses valises. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Nordiste a connu un début de saison tourmenté. Retour sur le début de l’aventure parisienne avec Tom et Hugo, fidèles du club parisien.

L’incompréhension

Champions d’Europe en titre après une campagne continentale historique, les hommes de Luis Enrique ont pu compter sur un Gianluigi Donnarumma XXL, auteur de plusieurs performances historiques, que ce soit face à Arsenal ou Aston Villa. Dans cette perspective, la volonté du board parisien d’évincer son portier italien au profit du gardien lillois a provoqué la surprise de nombreux supporters parisiens, comme Tom. « Honnêtement, ça a été un choc. On sortait d’une victoire en Ligue des champions avec un Donnarumma décisif, presque héroïque dans les moments clés, et du jour au lendemain, le club annonce qu’il veut miser sur Chevalier. Forcément, la première réaction a été l’incompréhension. Pourquoi toucher à un poste aussi sensible alors qu’une dynamique positive était en train de se construire ?, » s’interroge le supporter parisien.

« C’est assez incompréhensible »

De son côté, Hugo se range derrière l’avis de son prédécesseur. « Je suis assez d’accord avec Tom, ce choix a provoqué la surprise de nombreux supporters parisiens, on s’est tous demandé : pourquoi ce choix ? Critiqué de nombreuses saisons en raison de ses errements successifs, Gianluigi Donnarumma semblait avoir enfin trouvé sa place dans le vestiaire parisien. Le club avait été patient jusque-là avec Donnarumma car entre nous, il ne faisait pas l’affaire durant les premières saisons. Et, au moment où il performe le plus, où il est intégré, on ne le considère plus et on lui demande d’aller voir ailleurs. C’est assez incompréhensible », assure le supporter parisien.

Finalement, une suite logique ?

Si la confusion était d’abord de mise, les fidèles du club parisien ont entrevu des pistes d’éclaircissement, c’est le cas de Tom. « Et puis, en y réfléchissant, on connaît Paris. Le club a toujours cette volonté d’anticiper, de penser sur le long terme. Chevalier est jeune, français, formé en Ligue 1, représente aussi une autre vision, une identité différente. Passée la surprise, la curiosité a pris le dessus, presque une forme d’excitation à l’idée de voir si ce pari pouvait fonctionner. »

Tom l’admet, lorsque Lucas Chevalier arrive au Paris Saint-Germain, le portier est assez loin d’être un illustre inconnu. « Chevalier, c’est avant tout un très bon gardien de Ligue 1. Régulier avec Lille, mentalement solide, excellent sur sa ligne. Il n’est pas encore au niveau des tout meilleurs gardiens européens, mais il fait clairement partie des plus gros potentiels français à ce poste », affirme le supporter, conscient du talent de l’ancien Lillois.

« Il me rappelait un petit peu Mike Maignan »

Au-delà des qualités techniques évidentes du dernier rempart, Tom insiste sur l’aura que dégageait Lucas Chevalier dans les cages nordistes. « À Lille, il dégageait déjà cette impression de fiabilité malgré son jeune âge. Il avait cette présence, cette assurance, qui rappelle un peu Mike Maignan, pas dans le niveau, évidemment, mais dans l’attitude et la personnalité. »

Même s’il était déçu de voir Gianluigi Donnarumma s’en aller, Hugo reconnaît qu’il n’était pas mécontent de voir Lucas Chevalier débarquer. « Finalement, le mal était fait et la décision était prise par la direction, donc il fallait aller de l’avant. Pour moi, Chevalier était le choix parfait. Il est jeune, français, plein de promesses. À son arrivée, je me dis qu’il a tout pour réussir rapidement. »

C’est à l’occasion d’un match historique qu’Hugo a découvert le plein potentiel du natif de Calais. « Quand j’ai regardé le match du LOSC face au Real Madrid, il m’a impressionné. Rien ne passait, et forcément quand il a signé au Paris Saint-Germain, j’avais cette rencontre en tête, » assure le supporter parisien encore choqué de la prestation de Lucas Chevalier en cette soirée d’octobre 2024.

Des débuts compliqués

Lorsqu’on évoque les débuts de Lucas Chevalier sous ses nouvelles couleurs, c’est nuancé que Tom nous répond : « Ses débuts à Paris ont été mitigés. On a vu des choses intéressantes : de bons réflexes, un jeu au pied plutôt propre, parfois même une forme de leadership. Mais il y a aussi eu des limites visibles, notamment sur les sorties aériennes, parfois hésitantes, des placements approximatifs, et un manque d’autorité dans la surface sur coups de pied arrêtés. »

« Je suis relativement d’accord avec Tom, que je trouve plus positif que moi, affirme Hugo avec sourire. Franchement, ça a rapidement été compliqué pour Chevalier. Lorsqu’on affronte Tottenham en Supercoupe d’Europe, il sort deux penaltys en séance mais pendant le match, il fait une sacrée boulette. Le supporter parisien continue en énumérant les différents errements du portier. On a ensuite eu les matchs face à Toulouse mais surtout face à l’OM. Pour moi c’est le point de bascule », reconnaît le supporter, d’un ton assuré.

Un poste menacé ?

« Chevalier a tout pour devenir le gardien titulaire du PSG mais rien n’est garanti, admet Tom, conscient que les débuts du portier ont rebattu certaines cartes. Chevalier a le mental, l’ambition, l’intelligence de jeu. Le problème, c’est que Paris est un club où trois mauvais matchs peuvent suffire à tout remettre en question. Aujourd’hui, il n’est pas encore « le » gardien que le PSG doit absolument avoir. En revanche, il peut le devenir, sans aucun doute. »

Le supporter parisien n’hésite pas à faire une comparaison avec un ancien Lillois. « S’il progresse comme Mike Maignan l’a fait, s’il gagne en densité physique et apprend à vraiment dominer sa défense, alors le temps peut clairement jouer en sa faveur. Mais ce statut, il doit encore aller le chercher. »

« J’ai du mal à voir une progression »

Si les débuts ont été compliqués, Tom ressent une progression. « Ces derniers temps, il est plus autoritaire dans ses consignes, gère mieux les moments de tension. On a l’impression qu’il comprend davantage la pression propre au PSG et qu’il la subit moins. Il n’a pas explosé d’un coup, mais il progresse, lentement mais sûrement », se satisfait le supporter des champions d’Europe en titre.

De son côté, Hugo est plus mitigé. « J’ai du mal à voir une réelle progression. En tout cas, si progression il y a, c’est assez léger. Son match face au Havre a vraiment été bon. Je me suis dit que ça allait être le déclic pour lui mais quelques jours plus tard, face à Tottenham, il a « replongé ». Le supporter l’affirme, il en attend plus. Il se doit de passer un cap, à la fois mental et technique. »

Matveï Safonov numéro 1 ?

Blessé à la cheville par Lamine Camara, Lucas Chevalier a été écarté des terrains quelques jours, laissant le champ libre à Matveï Safonov face au Stade Rennais. Une prestation commentée par Tom. « Le gros match de Safonov contre Rennes n’est pas anodin. Au PSG, les hiérarchies peuvent basculer très vite. On est clairement dans un moment charnière, le genre de période où une saison peut basculer. Chevalier a pour lui le fait d’être le choix du club, celui sur lequel on veut construire. Mais Safonov, lui, a l’avantage du terrain et de la forme du moment. »

Chez Hugo, le fatalisme est davantage présent. « J’ai du mal à voir comment il pourrait inverser la tendance. Depuis qu’il est aligné, Safonov satisfait et comble les supporters. Le match face à Flamengo est révélateur. Je pense que c’est un des moments importants de la saison, que ce soit pour le club ou pour les deux hommes. Un match historique pour le Paris Saint-Germain, marqué par une prestation XXL du portier russe mais également par sa blessure à la main. Ce qui peut tourner en la faveur de Chevalier, c’est la blessure de Safonov survenue lors de la séance de tirs aux buts face à Flamengo. À voir la suite », conclut le supporter dubitatif.

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