Publié le 30 novembre 2025 à 20:30

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Victor Orgaer
Présent en conférence de presse après la victoire des siens au Havre, Bruno Genesio a livré sa vision du déroulé de la rencontre de ce dimanche après-midi.
Qu’est-ce qui ressort d’un match comme ça où, à un moment donné, même vous imaginiez que repartir avec un match nul ça aurait été déjà pas mal, et puis finalement à l’arrivée, il y a un succès qui ne tombe pas du ciel mais qui montre un certain état d’esprit, j’ai envie de dire.
Oui, j’ai beaucoup insisté toute la semaine et en avant-match sur la nécessité de garder une mentalité et des comportements nécessaires et indispensables pour avoir des résultats sur la durée. C’est ce qu’on a affiché ce soir, mais pas que, parce qu’en première mi-temps je trouve qu’on a fait beaucoup de bonnes choses. On ne s’est pas créé suffisamment d’occasions, mais on a quand même une situation checkée pour un éventuel penalty, une frappe sur le poteau, quelques occasions assez nettes d’ouvrir le score. On n’a pas concédé grand-chose. Et en deuxième, il y a eu ce fait de jeu avec l’explosion d’Ayyoub, qui s’est sacrifié pour l’équipe, parce qu’il aurait pu être face-à-face avec Berke. Et derrière, j’ai vu non seulement une équipe avec beaucoup de valeur, de sacrifice, de don de soi, mais aussi beaucoup de qualité technique. Dans nos ressorties, même à 10 contre 11, avec des joueurs qui rentrent qui sont décisifs et qui ont permis à ceux qui avaient débuté le match de bien le terminer, de le terminer magnifiquement avec ce but encore une fois dans la fin de match, ce qui est un peu notre marque de fabrique. Donc ça démontre à la fois la qualité de ce groupe, mais aussi l’état d’esprit. Et c’est ce qu’il faut conserver le plus longtemps possible.
« Ce soir, on savait qu’en gagnant ici, on pouvait se rapprocher de Marseille, de Paris »
Ce coaching, c’était volontaire de laisser ces joueurs sur le banc au départ ? J’imagine que le résultat, avec les trois joueurs qui sont impliqués sur le but, vous satisfait quand même.
Oui, oui. Après, vous savez, on est dans un enchaînement de matchs. On a sept matchs à jouer jusqu’à la trêve. Il y a la Coupe d’Europe. Je pense qu’on ne se rend pas compte de tout ce qu’on laisse dans les matchs de Coupe d’Europe. Surtout comme ça quand on arrive sur la fin de l’année. Donc il y a aussi dans mon esprit de répartir les temps de jeu. Et j’ai la chance de pouvoir le faire, parce qu’il y a un effectif en qualité, en quantité, et notamment à certains postes, qui est conséquent. Donc ça me permet de faire beaucoup de choix d’un match à l’autre. Et puis à travers les changements qu’on peut faire dans le match. Mais c’est sûr, quand vous arrivez à faire rentrer les joueurs qui sont rentrés ce soir, Hamza, Hakon, Ethan, Nabil, Chancel qui est rentré plus tôt. On a encore Matias Fernandez-Pardo, Tiago Santos qui ne sont pas rentrés ce soir. Ça montre tout le potentiel de ce groupe et l’esprit, parce que parfois, si vous ne débutez pas, vous pouvez avoir des intérêts. Là, c’est l’inverse. Les joueurs qui ne débutent pas montrent qu’ils sont au service de l’équipe et qu’ils travaillent pour l’équipe. Donc il faut garder ça.
L’action du but est magnifique. Mais sur cette action, au départ, Hamza s’enferme un peu, il tourne sur lui-même. Est-ce que vous arrivez à comprendre votre joueur parfois ? Parce que nous, il nous déroute totalement.
Sur le coup, je suis presque en colère qu’il ne donne pas le ballon tout de suite à Ethan. Mais ça fait partie de la spontanéité, de ce côté un peu imprévisible qu’a Hamza. Je pense qu’il faut qu’il le garde. Il faut qu’il arrive, évidemment, dans certaines situations, à être capable parfois de faire les choix un peu plus vite, plus juste. Mais il faut qu’il garde cette spontanéité, cette qualité de percussion, de dribble. Parce que c’est aussi ce qui fait sa force. Et après, encore une fois, il y a Ethan qui est engagé, et l’altruisme et l’intelligence d’Ethan qui auraient pu tout aussi bien essayer de terminer l’action et qui donne une offrande à Hamza. Et Ethan, à chaque fois qu’il rentre ou qu’il joue, c’est soit une passe décisive, soit une ou deux occasions créées, soit un but marqué. Donc ça commence à être intéressant, je l’ai déjà dit. J’espère qu’il va pouvoir enchaîner les entraînements et les matchs. Et Hakon aussi a fait une grosse rentrée. Nabil a amené beaucoup de maîtrise technique avec Benji dans le milieu de temps. Ce qui a été, je pense, un des éléments essentiels dans la gestion de l’infériorité.
Quelles sont les émotions quand on est coach, on est sur le banc et on vit une fin de match comme ça, est-ce qu’on doit rester dans le contrôle ou on peut exulter comme ces joueurs ?
J’essaie toujours d’être dans le contrôle, un peu moins ce soir parfois. Mais j’essaie toujours de l’être parce que je pense que c’est la meilleure manière de rester lucide. Et on se doit de rester le plus lucide possible. C’est difficile parce que forcément il y a plein d’émotions qui traversent dans un match et dans une fin de match comme celle-ci. Et en plus, on avait l’habitude, je trouve, depuis que je suis là et peut-être même avant, de ne pas savoir profiter des situations qui peuvent nous permettre de nous rapprocher de la tête ou de franchir une étape. Ce soir, on savait qu’en gagnant ici, on pouvait se rapprocher de Marseille, de Paris, Lens a fait le job, prendre un peu d’avance sur Strasbourg qui avait perdu. Et on en a profité, c’est peut-être une des premières fois où on est capable de le faire depuis assez longtemps. Évidemment que c’est des émotions fortes, on essaie de les canaliser pour rester lucide.
Vous n’aimeriez pas marquer plus tôt ?
Je pense que je l’ai déjà dit plusieurs fois, je pense qu’il y a plusieurs critères qui font qu’on marque aussi beaucoup en fin de match. Y compris ce soir où on a un temps d’infériorité, c’est qu’on a une grosse maîtrise des matchs la plupart du temps. On a, je vous l’ai dit, des joueurs qui impactent énormément quand ils rentrent. Je pense que le fait aussi de fatiguer l’adversaire, comme on le fait en les faisant beaucoup, beaucoup courir, à un moment donné, il y a moins de concentration, il y a moins d’attention, il y a moins de bons placements. C’est ce dont on peut profiter parce qu’il y a à la fois la qualité puis il y a à la fois les joueurs qui rentrent en jeu, qui amènent aussi en plus.
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