Publié le 24 novembre 2025 à 20:50

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Tenter de vous faire vivre une rencontre de l’intérieur : voilà la mission de cette rubrique et de chacun de ses volets. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors de la victoire du LOSC (4-2) sur le Paris FC.
De retour sur la pelouse de la Decathlon Arena – Stade Pierre Mauroy trois semaines après l’avoir quittée, elle a eu le temps de vibrer avec le Brésil et la Tunisie le temps d’une soirée au cours de cette absence, le LOSC était dans l’obligation de maintenir le niveau. Les décibels n’ont pas été aussi importantes, mais le spectacle a été au rendez-vous avec six buts inscrits lors de la réception victorieuse du Paris FC dimanche (4-2).
Outre le but précoce de Willem Geubbels (11′), c’est en tribunes que le match s’animait en début de partie. La section des Dogues Virage Est (Tribune Nord) a par exemple souhaité un joyeux anniversaire à la Brigade Sud, section de supporters de l’OGC Nice qui fêtait ses 40 ans à l’occasion de la gifle reçue par l’OM (1-5), laissant l’une de ses banderoles sur les travées pendant une dizaine de minutes. L’ensemble de l’enceinte lilloise a également rendu un hommage appuyée aux victimes des attentats du 13 novembre 2025. A l’approche de la quinzième minute, les lumières des portables se sont une à une allumées, la section des Go Rijsel Spirit (Tribune Sud) brandissait trois banderoles pour former une phrase simple, « ni oubli, ni pardon, 13.11.15 », additionnait à un drapeau français. La Marseillaise a ensuite pu être chanté à l’unisson pour retentir au cœur de l’enceinte lilloise.
Des tribunes au terrain, et inversement
Le terrain est également un joli terrain de jeu pour cette rubrique, et notamment le très expressif Olivier Giroud. Sur chaque corner, le vétéran lillois se parlait seul dans la surface, ce que l’on appelle moins communément : soliloquer. Il s’agit, pour information, d’un comportement considéré comme bénéfique dans la gestion de ses émotions. Olivier Giroud nous apprend ainsi quelque chose, nous conseille à sa manière.
Cette méthode, il aurait d’ailleurs pu l’enseigner à Nabil Bentaleb. Elle aurait pu lui être utile lorsque Thomas Meunier le snobait sur le pré. Alors qu’il réclamait le cuir pour servir de point d’appui, le Belge le contournait, tentant de trouver une solution plus haut sur le terrain, avant de revenir en arrière sur Chancel Mbemba (37′). L’Algérien, qui voyait le ballon lui passer sous le nez, restait prostré les bras tendus.
Des tribunes au terrain, des terrains aux tribunes, il fallait avoir des yeux et des oreilles un peu partout ce dimanche. Il ne fallait, par exemple, pas louper certains commentaires de nos confrères en radio. Après sa conférence de presse express réalisée deux jours plus tôt, son passage aura duré quatre minutes, peut-être un record qui sait, Chancel Mbemba n’était pas épargné sur les ondes de RMC. « Le héros du Congo, peut-être, mais pas de Lille », ironisaient les commentateurs suite à une tête qui aurait pu s’avérer être une passe décisive pour le Paris FC. Quelques instants plus tard, il fallait se tourner vers Ici Nord et un puissant « il est toujours vivant » répété à plusieurs reprises lorsqu’Olivier Giroud arrachait l’égalisation (40′). On savait qu’il était âgé, bientôt le joueur le plus âgé de l’histoire du LOSC, mais quand même… Tout ceci a au moins eu le mérite de faire rire. Il faut bien vous avouer que ça surprend quand on se retrouve pile entre deux feux, ou plutôt entre deux fréquences.
Le conseil avisé
C’est ensuite le banc qu’il était nécessaire de scruter. Alors que le LOSC ne menait plus que d’un pion suite à la réduction du score de Doucet (84′), un penalty était généreusement accordé sur une tentative de Marius Broholm repoussée du bras. Ce dernier le transformait d’une panenka (90+6′). Petit détail qui a son importance, ce geste faisait suite à un regard adressé à Nicolas Dehon, dont les conseils semblent avoir porté bonheur. L’entraîneur des gardiens a, pour rappel, côtoyé Kevin Trapp au Paris Saint-Germain de 2015 à 2017.
Auteur du quatrième et dernier but dominical lillois (4-2), Marius Broholm pouvait pleinement savourer sa première réalisation sous ses nouvelles couleurs. Il a notamment reçu un soutien appuyé de la Tribune Sud, qui a même scandé son nom. Il est logiquement resté plus longtemps à ses côtés pour la remercier avec une salve d’applaudissements, avant de poursuivre jusqu’à lancer son premier cri de guerre dans les vestiaires. En face, en Nord, c’est Olivier Giroud qui recevait tous les honneurs. Il semblerait même qu’il ait un chant à son nom, à voir si cela se répète.
Enfin, après avoir célébré le succès acquis avec la tribune active, les Lillois prenaient la pose devant une cage remplie de peluches. Durant celle-ci, Tiago Santos jouait les équilibristes, tentant de poser un Dogue (une peluche) sur un autre Dogue (Doggy Dog Jr). Ses tentatives ont été infructueuses, tandis que non loin de là, Nathan Ngoy et Félix Correia chambraient Ngal’ayel Mukau avec un Minion du film Moi, Moche et Méchant. Cet instant a d’ailleurs été immortalisé en photo. Le cliché, réalisé avec une partie des sections à l’initiative de la collecte, laissait ensuite place une certaine euphorie puis certains joueurs filaient aux vestiaires avec une peluche à la main. Eux aussi ont parfois besoin de réconfort.
Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Le silence est d’or
Enfin, place à la zone mixte. C’est assez rare, mais il y régnait une atmosphère étrange, un calme plat. Les Parisiens s’échappaient rapidement pour retrouver leur bus, tandis que les Lillois dénichaient toujours le timing parfait (pendant l’intervention d’un autre joueur ou du coach) pour filer à l’anglaise. Seul Olivier Giroud s’est spontanément arrêté suite à son doublé. Aïssa Mandi l’a heureusement imité, mais bien plus tard. Il affichait d’ailleurs un grand et beau sourire, diffusait même une certaine fraîcheur, après avoir marqué son premier but sous les couleurs du LOSC. Après un an et demi, « il était temps », nous confiait-il, presque soulagé. Un poids semblait presque s’en être allé.






