Publié le 15 novembre 2020 à 21:10

Crédit Photo : Le Petit Lillois
Derby régional + perspective de montée et de titre = record d’affluence. Un an avant sa démolition, le stade Henri-Jooris a connu une grande soirée de football le 19 mai 1974 en accueillant un nombre record de spectateurs. Un match entre le LOSC et Valenciennes, le premier et son dauphin.
Le LOSC et Valenciennes sont seuls en tête de la poule A de deuxième division. Une fierté pour le Nord-Pas-de-Calais, mais il n’y a qu’une place pour obtenir la montée sans passer par les barrages. Seulement quelques points séparent les deux équipes, la confrontation directe entre elles pourraient donner un avantage considérable au gagnant puisqu’il ne restera plus que deux matchs à jouer après-coup.
Deux clubs, deux statuts bien différents
VA et le LOSC ont eu deux parcours relativement différents pour se retrouver au sommet. D’un côté les Dogues, candidats très sérieux à la montée après la troisième place acquise la saison dernière. Le championnat commence très mal et René Gardien est limogé et remplacé par Georges Peyroche, bien connu de la maison. L’équipe du Nord est surmotivée après cet électrochoc est tient une série de 25 matchs sans défaite.
De l’autre côté, l’US Valencienne est au fond du trou au début de saison. Après la descente de D1, le club essuie une bonne douzaine de départs et un trou financier de 140M de francs. Finalement, les hommes de Jean-Pierre Destrumelle débutent sur des chapeaux de roues et filent vers la tête du classement.
Rencontre au sommet
19 mai 1974. Jour des résultats du second tour des élections présidentielles (François Mitterrand contre Valéry Giscard d’Estaing). Les supporters du LOSC et de VA ne sont pas devant leur télé à regarder les sondages, mais bien à Henri-Jooris pour encourager leur équipe. On dénombre presque 22 000 spectateurs entassés dans les tribunes, un record pour un stade qui ne contient qu’une quinzaine de milliers de places à la base.
Les deux équipes sont attendues sur la pelouse sous un grand soleil et un brouhaha monstre. Le coup d’envoi est donné. Les deux équipes s’observent durant de longues minutes, très longues… Les Lillois sont crispés et n’arrivent pas à mettre leur jeu en place, l’enjeu est important. Deuxième coup de sifflet. Retour aux vestiaires qui va faire du bien à tout le monde. Le match devient fou en deuxième mi-temps, des boulevards se créent d’un côté comme de l’autre mais les Dogues sont plus organisés. Le coup fatal viendra du virevoltant Hervé Gauthier à l’entrée du dernier quart d’heure. Le stade explose. Puis, encore lui, Gauthier double la mise deux minutes plus tard. Les supporters se tiennent dans les bras, sautent, chantent, crient… Ils savent que le match est plié et que VA ne remontera pas. Coup de sifflet final. Le LOSC reste premier et prend le large.
Henri-Jooris se souviendra de cette soirée qui a permis au LOSC de monter plus sereinement deux matchs plus tard face à La Rochelle (3-0) à domicile. Henri Jooris sera détruit un an plus tard, mais Henri Jooris aura connu de belles dernières heures…






