Publié le 7 octobre 2023 à 00:00

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À quelques heures du Derby du Nord entre le RC Lens et le LOSC, Le Petit Lillois est parti à la rencontre de Denis, grand supporter du RC Lens, mais aussi des clubs de la région depuis le début des années 1990.

Qualifié pour la Ligue des Champions à l’issue d’une saison exceptionnelle, quelle a été la démarche du RC Lens cet été ?

Il faut d’abord noter les deux départs importants de Seko Fofana et Loïs Openda, qu’il a fallu remplacer par des joueurs importants avec de la personnalité. Des postes auxquels nous n’avons pas eu peur de dépenser, ce qui démontre notre ambition et le fait que l’on peut se permettre de voir un peu plus grand. Le but était aussi de travailler pour accroître la profondeur de notre effectif pour pouvoir tenir le rythme et ne pas être ridicule en Coupe d’Europe, pour l’instant ça va je crois (rires). Intégrer la rotation, construire un effectif en montrant qu’on a les moyens sans faire de folies. En interne, on a vite senti qu’il y avait aussi l’envie d’intégrer des investisseurs minoritaires pour faire grandir le club. L’envie de faire grandir le club est là.

Franck Haise fait la pluie et le beau depuis qu’il a pris la tête des Sang et Or, que peux-tu nous dire sur son style de jeu ?

Comme pas mal de gens, quand il a pris les rênes du club en Ligue 2, on était un peu sceptique. On savait qu’il avait eu de bons résultats et que c’était un coach formateur, mais on se posait des questions. La vraie force de Franck Haise, c’est d’avoir créé une véritable identité de jeu au sein de l’équipe, même quand on se battait pour le maintien. Son jeu avec le fait de presser haut, de mettre en place un contre-pressing constant et puis d’utiliser autant les côtés. A l’époque, à part les Italiens et la Juventus, plus personne ne jouait comme il a commencé à le faire avec Lens. Il a eu le mérite d’instaurer une tactique et des idées ambitieuses. A chaque fois, on avait fini par finir en septième position, et on se disait toujours qu’on aurait pu faire mieux. On avait raison quand on voit où il nous a amenés à la deuxième place la saison dernière. Il est d’ailleurs manager général du club aujourd’hui. Je le trouve visionnaire, et ce, à une large échelle, dans un champ large. Cela peut-être par la mise en place de nouveautés avec les joueurs comme la pratique du yoga, le fait d’avoir remis Openda au piano… Aujourd’hui, on s’identifie à une équipe et à son jeu, c’est grâce à ce qu’il a bâti.

Quel est le joueur clé du RC Lens à tes yeux ?

C’est difficile de ne retenir qu’un seul joueur en particulier. Namphalys Mendy vient d’arriver, mais je sens qu’il va apporter quelque chose. J’hésiterais entre Gradit et Sotoca, d’autant plus que ce sont deux gars qui jouaient le fin fond de la Ligue 2 et qui aujourd’hui joue en Ligue des Champions. Gradit a été énorme contre Arsenal, même si Danso l’a été aussi, mais depuis le début de la saison, c’est un peu notre gars sûr et on perd souvent quand il n’est pas là. Pour Sotoca, oui, il a du déchet, mais il impulse toujours quelque chose et je crois qu’avec le départ de Fofana, sa mentalité lui permet d’être souvent titulaire. Je dirais, plus globalement, le retour en force des joueurs qui étaient forts la saison dernière et après la constance de nos joueurs de l’ombre.

Le RC Lens a d’importantes ambitions, mais a réalisé un début de saison compliqué, quelle analyse en ferais-tu ?

Je dirais que l’on a eu du mal à digérer notre qualification en Ligue des Champions, c’est quand même quelque chose de nouveau pour tout un groupe. Et puis il aussi fallut composer avec les départs de joueurs importants et les individualités de certains joueurs qui n’étaient pas au rendez-vous, comme Danso par exemple. Forcément, personne n’a vraiment pris le relais de Fofana dans le style de jeu, même si on voit que Diouf a des qualités intrinsèques. Je pense vraiment que Namphalys Mendy, c’était le profil qu’il nous manquait, il va permettre aux autres de souffler.

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Donc tu n’as pas vraiment été étonné de cette entame de saison ?

Sur le début de saison, on a quand même été frappé par certaines circonstances défavorables, en plus d’être très friables sur coups de pied arrêtés. On perd des matchs qu’on domine, où on manque grandement d’efficacité. Le seul match vraiment inquiétant était celui contre Monaco, où là,il n’y avait aucun ingrédient positif. Je pense que la Ligue des Champions a permis à tout le monde de se remettre dans le rang.

Il y a eu de bons rebonds récemment, tu aurais plutôt tendance à dire que c’est de bons augures pour la suite ou à dire qu’il ne faut surtout pas s’enflammer ?

De toute façon, il ne faut jamais s’enflammer. Il y a des gens qui disent déjà que l’on est qualifié pour les 8èmes de finale de Ligue des Champions. Il faut être conscient que la Coupe d’Europe ça bouffe de l’énergie, et qu’on n’est pas à l’abri d’un relâchement lors d’un match avant ou après un rendez-vous européen, comme l’a vécu Lille cette saison avec Lorient je trouve. On n’est pas dans une situation qui nous permet de voir venir en championnat, donc je ne pense pas qu’il y aura de relâchement. Je pense qu’ils veulent absolument relever la tête en championnat tout en continuant de tenter de faire des coups en Europe. Je trouve que l’on a retrouvé une certaine solidité ces derniers temps.

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Quelles sont pour toi les forces et les faiblesses de ton équipe ?

Notre force, c’est notre capacité à presser haut, ça peut être à double tranchant, mais c’est un style qui paie. Je pense que l’on a une organisation qui est bien rôdée et des recrues qui se sont plutôt bien acclimatées, comme Aguilar par exemple ou le petit Ouzbek qui a l’air bien sympa. Notre force, c’est vraiment de mettre en place un jeu intense sans laisser à l’adversaire le temps de souffler. Concernant nos faiblesses, je pense que l’on doit travailler sur les coups de pied arrêtés où l’on est moins fort que l’année dernière.

Comment te projettes-tu sur la rencontre à venir, avec la réception du LOSC ? Qui est le favori à tes yeux ?

Au vu des conditions des deux équipes, je pense que ça sera quand même un match assez serré. Je ne sais pas s’il y a vraiment un favori, à l’exception que l’on joue chez nous. C’est un vrai plus, mais cela ne nous a pas empêché de perdre depuis le début de la saison. Au-delà de ce week-end, on reste sur une dynamique vachement positive. Je pense que ce sera un match assez physique et j’imagine bien un Benjamin André avoir la rage après le dernier match. Je ne compte pas changer de pronostics de toute façon, je vois bien un 2-1 pour Lens. La question, c’est de savoir comment jouera la charnière sans Gradit.

Te méfies tu d’un Dogue en particulier ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Je me méfie de Zhegrova quand même. Il sera sur le côté de Medina et Machado qui sont deux gauchers, et j’ai peur que le fait qu’il rentre à l’intérieur soit chiant à gérer. Cabella entre les lignes, forcément, mais Zhegrova surtout. Je trouve qu’il devient plus constant. Il peut apporter à tout moment.

Quelle perception as-tu du LOSC en tant que supporter lensois ?

C’est un club de ma région, que je suivais déjà quand j’étais gamin au début des années 90. Honnêtement, je n’éprouve pas une rivalité particulière avec les Lillois. Pour t’illustrer la chose, en début de saison, je trouvais ça extra de voir que deux clubs de la région étaient en Coupe d’Europe. J’ai déjà vibré lors d’un match du LOSC par exemple, notamment avec Vahid Halilhodžić et le but de Johnny Ecker à Parme. Par exemple, je me souviens aussi du coup-franc de Ryan Giggs, j’étais au stade avec un ami lensois, et à deux, on l’a insulté de tous les noms.

Où vois-tu le LOSC en fin de saison ?

Je pense qu’ils peuvent être top 6 ou top 7, avec forcément Lens devant Lille. Je pense que cela dépendra de l’intégration des recrues lilloises, comme Haraldsson. On sent qu’il a du ballon, mais ce n’est pas encore ça.

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