Publié le 26 janvier 2026 à 20:01

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt
Tenter de vous faire rentrer dans les coulisses, voici l’objectif de cette rubrique qui perdure au fil des défaites en 2026. Le Petit Lillois vous liste ainsi les choses que vous n’avez peut-être pas vues au stade ou à la télévision lors du revers concédé par le LOSC (1-4) lors de la réception du RC Strasbourg dimanche.
La dix-neuvième journée de Ligue 1, qui permettait au LOSC de renouer avec son public de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy, n’a pas été synonyme de bonne soirée pour les supporters lillois. En nombre réduit quinze jours plus tôt, en Coupe de France, ils étaient pourtant près de 40 000 à garnir les travées de l’enceinte lilloise dimanche.
Mais, au même titre que Nabil Bentaleb, André Gomes, Marc-Aurèle Caillard, Benjamin André, Osame Sahraoui ou encore Hakon Haraldsson, ils ont souffert en assistant à la déroute des Dogues (1-4), la cinquième consécutive en 2026 à l’occasion de la réception du RC Strasbourg. Tout avait pourtant débuté avec des sourires, du moins pour le dernier nommé. L’Islandais était récompensé d’un joli cadre et d’applaudissements pour fêter ses 100 apparitions sous les couleurs du LOSC.
Outre les blessés, Bruno Genesio était également en tribunes ce dimanche pour cause de suspension. Il était situé, comme Paulo Fonseca le 28 septembre, à quelques mètres des journalistes. Loin de son volcanisme habituel, il paraissait plutôt calme malgré les déboires des siens aux côtés de ses assistants vidéos. Sans Bruno Genesio ni Benjamin André, Willy Delajod a pu profiter d’une soirée sereine dans la peau de l’arbitre du soir. Il n’a réellement haussé la voix que lorsqu’il partait en quête de l’homme qui avait perdu son protège-tibias (20′). C’est ce diable de Valentin Barco qui a semé à plusieurs reprises ses accessoires sur le pré, incassable de toute façon.
Entre frustration et incompréhension
Alignés dans un dispositif inédit, les Dogues ont été baladés tout au long de la soirée, ou presque. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir constamment tenter de s’ajuster. Troisième dans la hiérarchie du capitanat lillois, Aïssa Mandi se retrouvait à plusieurs reprises aux côtés de Dimitri Farbos, adjoint, pour reprendre des consignes et tenter de s’ajuster plus sereinement avec ses coéquipiers. La communication employée ne semblait cependant pas avoir l’effet escompté, puisque les Dogues se faisaient transpercer.
De la communication, Olivier Giroud a lui aussi tenté de se faire entendre par ses compères. Son agacement sur chaque manqué lillois n’a néanmoins jamais porté ses fruits, jusqu’à le voir enrager à l’heure de jeu à la suite d’une mauvaise passe (62′). Agacé, il l’aura été toute la soirée. D’abord par ses propres coéquipiers, c’est ensuite par les supporters lillois qu’il était chahuté.
L’international français était sifflé à sa sortie (80′), une grande première dans le Nord, et ne se présentait pas devant eux au coup de sifflet final. Il était plutôt envoyé au charbon auprès des médias, dont n’appréciait pas forcément toutes les questions, à commencer par celle suggérant un potentiel départ de Bruno Genesio, son coach, lors de son passage en mixte. Olivier Giroud ruminait. Cela se voyait et s’entendait.
De la frustration, il y en avait aussi chez Tiago Santos. Le latéral portugais était très expressif à sa sortie (69′), ce que n’ont pas manqué de remarquer les supporters présents proches du banc lillois. Ces derniers pouvaient observer un comportement similaire avec Thomas Meunier, lui qui quittait le terrain prématurément en raison d’une blessure. L’agacement était plus que perceptible sur son visage.
Des animations en tribunes
Les tribunes ont également été des actrices de cette déroute lilloise, plutôt clémentes au coup d’envoi. Des tifos pouvaient être admirés au Nord et au Sud, autant que des banderoles en plein cours de partie. Leur message n’était pas anodin.
La première était directement destinée aux Dogues : « À quand 11 guerriers sur le terrain ? », était-il possible de lire. La seconde banderole était plus politique, visant la Ligue de Football Professionnel suite aux incidents survenus lors de la réception du Stade Rennais en début d’année : « LFP : l’homophobie en tribune, c’est STOP, mais au Koweït, c’est OK ?! », s’interrogeait la section des Dogues Virage Est, faisant ainsi référence au Trophée des Champions délocalisé au Koweït, pays où l’homosexualité est pénalisée.
Outre les banderoles, les Lillois se sont aussi fait remarquer au travers de leurs chants. Au cours du second acte, encouragements ou critiques étaient délaissés au profit d’un hommage à la variété française. « J’t’emmène au vent », « Tata Yoyo », « Une souris verte », « À la queue leu leu » pour ne citer que ces bijoux de leur répertoire musical. Cette initiative a été appréciée par les journalistes alsaciens, hilares face à ces scènes. L’ambiance était ainsi de mise, sauf pour les Dogues à l’exception d’Ethan Mbappé. Il est le seul, bien au contraire de son aîné Olivier Giroud, à avoir été applaudi lors de sa sortie (87′). Il ne restait pourtant déjà plus grand monde en tribunes, alors qu’elles avaient commencé à se vider à un quart d’heure de la fin (73′).
Enfin, c’est une scène qui a fait le tour des réseaux sociaux : les joueurs du LOSC se dressaient en ligne face au kop lillois, comme l’ont fait par le passé les Bleus devant les All Blacks. D’abord hués, tancés par des chants réclamant plus d’eux, ils finissaient tout de même par être encouragés, quittant la pelouse sur des chants à la gloire du LOSC. Le lien n’est pas encore rompu.
Une belle image pour conclure la soirée : les supporters lillois ne lâchent pas leurs joueurs malgré cette période délicate 👏#LOSCRCSA pic.twitter.com/CPbMqOJOOW
— L1+ (@ligue1plus) January 25, 2026
Une zone de plomb
Au coup de sifflet final, il n’était pas utile de se précipiter pour s’engouffrer dans les entrailles de la Decathlon Arena – Stade Pierre-Mauroy, si ce n’est pour fêter un succès strasbourgeois. La zone mixte était plutôt une zone de plomb, tant un calme oppressant régnait. Les journalistes ne savaient pas à quoi s’attendre, déjà sur les fesses après la débâcle lilloise que certains n’avaient pas envisagée.
Seule l’incertitude autour de la présence de Bruno Genesio en conférence de presse, lui qui était pour rappel suspendu, et les interrogations sur son avenir brisaient le silence. Il y eut aussi les allers et venues de Marc Keller, président strasbourgeois, en terres conquises. Olivier Giroud était envoyé au front côté lillois, succédant aux clients habituels que sont Romain Perraud et Aïssa Mandi, dans une apparition médiatique qui contrastait fortement avec celle de Martial Godo, auteur d’un doublé (59′, 72′) ce soir-là. Le jeune Strasbourgeois apportait une fraîcheur immense à ses interlocuteurs, tous sous tension. Ils attendaient impatiemment Bruno Genesio et Olivier Létang, dont les interventions plutôt calmes apaisaient peu à peu cette grande zone réservée aux médias. Ces derniers s’attendaient à un feu d’artifice et à une longue soirée à pianoter derrière un écran. Il n’en fut rien.
Le snap de Gessime Yassine après la large victoire de Strasbourg contre Lille 😭 pic.twitter.com/aCdlGTISBP
— Vibes Foot (@VibesFoot) January 25, 2026
Enfin, il fallait conclure avec Gessime Yassine. Ce dernier, qui avait déjà animé la zone mixte lors de la qualification surprise de l’USL Dunkerque en Coupe de France au début de l’année 2025, retrouvait certains visages connus. Il parvenait à esquiver toutes les sollicitations, dont certaines demandes de maillot en prétextant l’urgence de retrouver sa famille en salon présidentiel. S’il avait laissé entendre qu’il pouvait repointer le bout de son nez. Ce ne fut jamais le cas. L’ancien Dunkerquois, transféré cet hiver au RC Strasbourg, croisait tout de même la route d’un certain Olivier Giroud dans les couloirs, rencontre qu’il immortalisait d’un cliché sur le réseau social Snapchat : « Méchant joueur lui », légendait-il, alors que l’ex-international français affichait un sourire de circonstance.






