Publié le 5 avril 2026 à 00:32

Bruno Genesio sur le banc lillois pendant LOSC - FC Nantes.

Crédit Photo : Le Petit Lillois / Quentin Delcourt

Par - Catégories : Football, LOSC-

Présent en conférence de presse, Bruno Genesio est revenu sur la victoire des Dogues contre le RC Lens, par trois buts à zéro.

Est-ce qu’on peut dire que ton équipe a réalisé un match parfait ce soir ?

Ce n’est jamais parfait, mais en tout cas, oui, on a fait beaucoup de très bonnes choses, que ce soit dans l’animation avec ballon et aussi dans l’animation sans ballon. Donc c’est un match plein avec beaucoup, beaucoup de bonnes choses.

Un mot sur Nabil Bentaleb. Depuis qu’il est revenu titulaire, on sent vraiment qu’il monte en puissance. Ce soir, il sort une grosse, grosse partie.

Oui, sur la lancée de ses derniers matchs, parce qu’il n’y a pas que ce soir. Il a été très bon à Rennes, il avait été très bon à Marseille aussi. Il a été très bon ce soir dans un rôle de sentinelle qui lui convient très, très bien. On avait identifié certains points au milieu de terrain et Nabil a appliqué à la lettre tout ce qu’on avait mis en place, même si on n’avait pas eu beaucoup de temps pour le faire, mais par un travail de vidéo. Et comme c’est un joueur intelligent, capable de s’adapter aux situations, il a démontré tout ce qu’on pouvait imaginer pour un joueur à ce niveau-là et dans ce rôle-là.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer quel levier vous avez utilisé pour que votre équipe affiche un tel visage et finalement, si différent de l’adversaire, on a l’impression que c’était exactement le scénario inverse de ce qui s’est passé il y a 6 mois ?

J’ai beaucoup parlé avec mes joueurs, comme d’habitude. J’ai une bonne relation avec mes joueurs, bon esprit.

Est-ce qu’il y avait ce match aller quand même ?

On s’est servi du match aller, certaines images du match aller, où il y avait eu de très bonnes choses, notamment pendant les 30 premières minutes. Mais on n’a pas mis l’accent sur le côté orgueil, fierté. J’ai surtout mis l’accent sur le jeu, sur ce qu’on a bien fait ces derniers temps. Rennes, Marseille, et je maintiens à Aston Villa avant le premier but, je maintiens. C’est surtout là-dessus que j’ai mis l’accent, d’être capable de reproduire ce genre de performance. C’était par le jeu surtout qu’on allait pouvoir gagner ce match, et non pas être sur la rivalité, sur une agressivité au-dessus de la moyenne qui aurait pu nous amener à faire disjoncter. Ce n’était pas du tout ça le discours. Le discours était axé sur ce qu’on était capable de faire dans le jeu pour mettre en difficulté.

On se souvient des matchs contre Strasbourg ou l’Etoile Rouge où il y avait un déficit d’engagement. Là, ça a été total, tous les ballons étaient pour vous. Est-ce que c’est une fierté d’avoir su remonter la pente comme ça ? Ou vous avez des petits regrets en vous disant « mince, là on est troisième avec des performances comme ça et on a passé un mois et demi avec le frein à main » ?

Je pense que chaque équipe a des passages à vide. Le nôtre a peut-être duré trop longtemps dans cette période de début d’année, mais ce qui est important c’est d’être capable justement de réagir, de rebondir. Il y avait aussi quelques explications quand même à ces matchs dont vous parlez, notamment Strasbourg et Belgrade. J’en ai déjà parlé, je l’ai déjà évoqué au niveau de ma responsabilité, au niveau aussi des absences qu’on a eues, beaucoup d’absences importantes. Mais en tout cas, même dans ces moments difficiles, on a tous fait front, dans le club, tous ensemble. On a gardé nos valeurs d’humilité, de travail et de solidarité. Et même quand ça a été très très difficile, on a toujours ressenti ça autour de nous et je pense que c’est ça qui est important. Et puis, petit à petit, on a su revenir, en n’étant pas toujours beaux. Je pense par exemple, au match à Angers, qu’on a gagné 1-0 ou au match contre Nantes ici. Mais avec des valeurs, avec de l’humilité et je pense que là, avec le retour de la confiance, ça nous permet de retrouver un visage qu’on avait déjà montré dans la première partie de saison parce qu’il y a de la qualité technique dans cette équipe, mais il y a aussi un formidable esprit qui nous permet de rebondir après des moments difficiles.

Pour compléter cette question, avec cette belle dynamique, avec aussi le retour de Benjamin André, d’Osame Sahraoui, qui n’était pas dans le groupe mais qui est de retour quand même, le retour d’Ethan Mbappé et puis la perte de vitesse de peut-être quelques adversaires, je pense notamment à Lyon, on se dit peut-être qu’on peut aussi, côté Lille, jouer la Ligue des champions la saison prochaine. Est-ce que c’est votre avis également ?

Ça, c’est le danger qui nous guette. Je parlais d’humilité et c’est ce dont on va avoir beaucoup besoin parce que je sais qu’évidemment, après l’enchaînement qu’on vient de faire, battre Rennes, Marseille à l’extérieur, battre Lens ce soir, forcément, ça va faire beaucoup parler, ça va peut-être beaucoup nous enflammer. A nous de garder la tête froide. A nous de nous rappeler d’où l’on vient. On vient de parler de la période de janvier, rappelons-nous dans quel état on était, tout ce qu’on a pu subir, à juste titre, comme attaque, comme coup. Et ça, c’est important de s’en rappeler pour justement garder cette humilité, continuer à faire ce qu’on fait de bien en ce moment. Et puis, on verra dans les deux derniers matchs où on en est et quels sont les objectifs à ce moment-là. Mais je le redis, l’objectif prioritaire est la qualification en Coupe d’Europe et pour l’instant, on ne va parler que de ça.

Vous parliez de l’esprit de groupe, et on a vu à la fin du match les joueurs pousser le staff, dont vous, à venir célébrer la victoire avec les supporters et les joueurs. Est-ce que ça vous touche que vos joueurs vous appellent pour fêter ça ? Quelles sont les émotions que vous vivez ?

Oui, c’est une très belle soirée, je suis heureux parce que je dis souvent que la plus belle des reconnaissances, c’est celle des joueurs, ceux qu’on a entraînés lorsqu’on les revoit. Mais je n’aime pas m’approprier les victoires, pour moi c’est la victoire de tout un groupe ce soir. En premier les joueurs parce que ce sont eux qui sont sur le terrain, ils ont fait exactement ce qu’on souhaitait, ils ont fait même plus que ce qu’on souhaitait parce qu’il y a eu des dépassements de fonction qui m’ont énormément plu aussi. C’est aussi le travail de tout mon staff parce que j’ai beaucoup de gens qui travaillent avec moi, qui font les montages vidéo, l’analyse de l’adversaire. Il y a le staff médical qui travaille dur pour remettre les blessés le plus vite possible. Tous mes adjoints qui me supportent aussi et qui font beaucoup de travail. Mais c’est aussi ma façon de manager dans la délégation. Et ce soir, je l’ai dit aux joueurs, je vais vous le dire aussi, j’étais heureux, heureux de voir mon équipe jouer de la façon dont elle a joué. C’est comme ça que j’aime voir mes équipes, avec du panache, avec de l’envie de défendre en avançant, avec des prises de risques, avec du dépassement de fonction, avec des positions qui sont parfois variées. J’ai été heureux, peut-être que ça ne se voit pas tout le temps, mais en tout cas j’ai été heureux. Sur les fins de match, j’aime bien que ce soient les joueurs qui profitent et qui soient mis en avant parce que ce sont eux les principaux acteurs, il ne faut jamais l’oublier.

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