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Football

Entretien exclusif avec Jorge Maciel (LOSC) : « Quand on gagne le titre, on est tous comme des frères »

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Crédit Photo : LOSC Médias

De retour au Portugal après une aventure infructueuse à Valenciennes et des années de succès à Lille, dans un rôle d’adjoint, Jorge Maciel s’est ouvert au Petit Lillois dans un entretien exclusif, relatant ses souvenirs passés du côté du Domaine de Luchin.

Entre deux formations réservées aux managers du ballon rond au Portugal, Jorge Maciel (38 ans) nous a offert une longue fenêtre de tir pour discuter, échanger et se souvenir de longues et belles années. Débarqué le 28 novembre 2019 en remplacement de Joao Sacramento, il aura passé près de quatre ans chez les Dogues. Vêtu d’un maillot du LOSC, celui représentant la cité lilloise et ses valeurs, car « le Nord n’est rien d’autre que Lille » s’exclamait-il à quelques semaines du Derby face au RC Lens, il s’est replongé dans de vieux souvenirs. De sa rencontre avec Christophe Galtier au départ de José Fonte, il n’a pas hésité à se mouiller, sautant dans la rivière, celle qui est toujours là mais dont l’eau ne passe qu’une fois. Expression et métaphore en tout genre, c’est avec ces armes que le Portugais a fait un bond dans le passé. Évidemment, il nous a emmenés avec lui, sur son dos. C’est désormais à vous, chers lecteurs, de suivre notre sillage.

« Ma priorité aujourd’hui, c’est de redevenir adjoint »

Comment allez-vous et que faites-vous aujourd’hui au Portugal ?

Je suis rentré au Portugal pour être en famille, me reposer un peu, profiter de tout ce qu’on n’a pas eu l’opportunité de faire parce que je suis resté presque cinq ans sans m’arrêter (entre Lille et Valenciennes, ndlr). On est là pour profiter un peu, pour se reposer parce qu’il le faut. J’en profite aussi pour avoir des contacts avec d’autres entraineurs, savoir comment ils travaillent. Hier et avant-hier, j’étais dans une formation où plusieurs entraineurs se réunissent. C’est un évènement important ici au Portugal qui s’organise tous les ans dans lequel sont abordés plusieurs sujets mais c’est surtout axé sur les entrainements et les entraineurs. La semaine dernière, j’étais à Lisbonne pour donner une formation avec la Fédération Française de Football et tous les directeurs de centre de formation qui étaient ici au Portugal. Je regarde du foot aussi, beaucoup, je profite de mon petit, de mes parents, de mes amis. Ma femme est enceinte aussi. L’attention dans ces moments là est surtout pour la famille.

Votre famille était présente avec vous pendant vos années lilloises ? 

Oui. Depuis le premier jour. On est parti de Lisbonne avec le club puisque nous avions un match de Youth League contre le RB Leipzig. Ma femme, elle, a voyagé avec mon fils parce que juste après le match, on est directement parti à Lille. C’était Lille – Ajax, à Pierre Mauroy. Ils ont voyagé avec moi. Du premier jour jusqu’au dernier, ils étaient avec moi.

L’adaptation n’était pas trop difficile à cette nouvelle région ? 

Pour la région, nous sommes un peu nomades. On s’adapte vite. Notre maison, c’est le monde. Le fait que notre maison soit partout, ça nous ouvre beaucoup, le regard qu’on a sur la vie, sur les gens, sur la culture. Nous sommes un peu comme des caméléons. On essaye de s’adapter tout en gardant notre personnalité, notre identité. Je pense que pour l’adaptation à la région, ça n’a pas été difficile. On parlait déjà français avec ma femme, cela nous a aidés, et puis la région lilloise est une région qui accueille très bien.

« Luiz Araujo. Il aurait dû rester. Il quitte le LOSC lorsqu’il commence à arriver à maturité »

Et sur le plan professionnel ?

On est arrivé dans un club qui était structuré donc c’était plus facile, surtout qu’il y avait déjà beaucoup de Portugais. C’était important pour l’intégration. S’adapter à la région a été moins difficile que de s’adapter à un club en cours de saison, avec un nouveau staff. Même si ça s’est très bien passé, le doute que j’ai eu en partant de Lisbonne, c’était que j’arrivais dans un club qui avait déjà un entraineur, avec un staff en place qui change en cours de saison. Il faut que tu sois sensible dans l’adaptation, que tu arrives, que tu regardes, tu observes ce qu’ils font. Tu essayes de repérer où tu peux aider et comment tu peux t’intégrer petit à petit tout en respectant les gens qui sont déjà là et qui travaillent bien puisqu’ils jouaient la Champions League. Au début, tu es un peu timide car ce n’est pas encore ton environnement. Mais au bout de quatre, cinq jours, tu joues déjà pour gagner. La façon de penser des Portugais déjà présents sur place m’avait beaucoup aidé également et puis Luis (Campos) a été très important dans ma venue, dans la façon dont il m’a présenté le projet.

Quel a été le projet vendu et qu’est-ce qui vous a convaincu chez Luis Campos ?

A ce moment là, j’étais entraineur principal des U23 de Benfica, mais également avec l’équipe de Youth League.

C’est d’abord un ami qui est venu me parler, m’indiquant qu’un club recherchait du staff. Puis Luis voulait me parler. Alors à un moment, on a fait une réunion informelle. On a pris un café ensemble et il m’a présenté le projet. Il m’a dit qu’il souhaitait se battre pour le top 3, on veut jouer la Champions League. C’est un projet qui avait déjà trois ans, qui a déjà une continuité. Il y avait des bons joueurs, des internationaux qui peuvent te faire vivre une expérience nouvelle. Il m’a présenté un projet 100% tourné vers le foot, quelque chose de structuré pour performer. A l’époque, j’ai considéré cela comme une opportunité à ne pas manquer. Une rivière est toujours là, mais la même eau ne passe jamais deux fois. Il faut être honnête, je rejoins aussi Lille pour une question de stabilité financière. J’avais 33 ans et quand tu as l’opportunité de rejoindre un club du Big 5 qui se bat pour le podium contre des clubs qui ont des joueurs incroyables dans des stades incroyables, que tu peux jouer contre des Neymar, Mbappé, Messi ou Verratti, tu n’hésites pas. Tu te dis aussi que c’est bon pour ta famille. C’était un investissement à faire pour le futur. Cela ne pouvait qu’être intéressant pour le reste de ma carrière, pour aussi engranger de l’expérience à un autre niveau. J’ai pesé le pour et le contre, du côté personnel et professionnel, et je ne pouvais pas dire non.

« Jocelyn Gourvennec disait toujours que l’on devait tout au football »

Avez-vous eu des discussions avec Christophe Galtier ou seulement avec Luis Campos ? 

Je suis arrivé après le match de Ligue des Champions contre l’Ajax. Je suis rentré direct à l’hôtel. Le lendemain, Carlos (Pires, entraineur des gardiens) et moi sommes arrivés en même temps. On attendait Luis qui devait nous emmener à Luchin. Il habitait juste en face. On arrive à Luchin et Luis nous présente à tout le staff. Christophe me dit que Luis lui avait dit que j’étais un magicien (rires). Je lui ai répondu que ce n’était pas moi qui faisait de la magie, mais les joueurs. C’était sa façon de m’accueillir. L’intelligence, c’est la plus grande qualité qu’un grand entraineur doit avoir et Christophe l’avait. Il était ouvert à l’idée de découvrir de nouvelles personnes et ça m’a touché. On ne s’était jamais parlé et pourtant au bout d’1h30, on est directement parti sur le terrain. Je sais que ce n’était pas évident, parce qu’il était déçu de voir ses anciens adjoints partir, mais il a tout de suite dit que l’on formait une équipe. Il a passé le message à toute l’équipe et on s’est simplement mis à travailler.

Quelles étaient vos missions avec lui ? 

Après quelques jours, il me dit qu’il a compris comment j’étais, comment je fonctionnais. On était sur le terrain, au travail, et il arrive, et il me dit qu’il voulait que je prenne plus d’initiatives. Il a peut-être compris que j’étais un peu timide et qu’il fallait me pousser. J’avais l’habitude de faire l’analyse de l’équipe après le match quand j’étais à Benfica, donc j’ai fait un petit rapport vidéo avec des choses que je pensais pouvoir être intéressantes. Je suis à l’aise avec l’animation des entrainements, des exercices et dans le planning stratégique également. Il faut toujours essayer de comprendre ce qu’il y a dans la tête des entraineurs. Même si on a des idées différentes, il faut se mettre à sa place et que nos idées apportent aux siennes. C’est comme ça que je fais mon rôle d’adjoint. Le danger c’est d’imposer mes idées et mes convictions à celles du leader. Si ce n’est pas cohérent entre le staff, ça l’est encore moins entre les joueurs. La division dans le staff, ça se voit toujours sur le terrain.

  • Un exemple par une anecdote

Quelques jours après mon arrivée, on jouait à Lyon. Après le match, je suis dans l’avion et je dis à Christophe que j’ai des images. Il me dit de préparer quelque chose. On est dans le bus et je lui montre, me dit que je peux le présenter. On arrive à l’hôtel, il était environ 20 heures  et normalement à cette heure-là, les joueurs veulent manger, se reposer et après partir. Pourtant, on a fait cette réunion. C’était sa façon de m’exposer au groupe. Je l’ai fait sur ma tablette avec des ronds tracés sur l’écran. Je prépare comme ça. Je fais la présentation très vite car il fallait aller manger. Je parle en deux langues car il y avait un groupe portugais et français, et j’ai senti que les joueurs étaient étonnamment très réceptifs. A la fin, tout le monde m’a applaudi et on est allé manger. Le test était réussi, l’intégration aussi, et je trouve qu’il montre bien la malice de Christophe.

  • L’empreinte sur la défense

Autre chose, quand je suis arrivé, j’ai remarqué que l’équipe travaillait majoritairement sur son animation offensive, et aussi sur les sorties de balle. Ce que j’aime personnellement beaucoup, c’est le travail défensif. Je pensais pouvoir apporter quelque chose à ce niveau, sur l’organisation défensive, le travail entre les lignes. Gabriel et Jose (Fonte) parlaient évidemment portugais et donc je pouvais avoir une relation plus facile avec eux et espérais pouvoir travailler sur quelque chose pour aider l’équipe. La communication passait bien avec les défenseurs et alors que Christophe me dit de prendre plus de responsabilités, je lui dis que j’aimerais travailler les lignes défensives. Il m’a fait confiance, m’a accompagné et m’a conseillé. Et suite à cette séance, j’ai remarqué que son regard au quotidien se tournait aussi vers les défenseurs. Ce travail défensif finit par intégrer tout l’effectif, la relation entre les milieux et la défense puis les ailiers. Ainsi, je gérais l’animation défensive de nos deux lignes de quatre. La reconnaissance, c’était quand Laure Boulleau (consultante pour Canal+) est passée au Domaine pour un reportage. Christophe lui a dit que je m’occupais de l’animation défensive. C’était comme une reconnaissance de mon travail. Thierry Oleksiak s’occupait plus des attaquants, et de leur animation, quand Christophe avait la vision global. J’ai beaucoup eu ce rôle là. C’est avec ce travail que j’ai pu avoir ma place dans ce staff. Les deux premières années, c’était ça.

« On a presque travaillé tout seul pendant cinq mois »

Comment expliquez-vous cette saison inattendue où vous gagnez le titre ?

Quand Luis me dit qu’on va être champion de France, je dis qu’il ne faut pas mentir (rires). La vérité, c’est qu’on a profité d’un ensemble de choses. Il y avait le Covid, moins de gens dans les stades ce qui nous permettait de diriger plus facilement l’équipe sur le terrain. On pouvait l’entendre à la télé d’ailleurs. On criait sur le terrain (rires). Cela nous a vraiment aidé parce qu’on avait cette complicité avec les joueurs.

Ce titre était vraiment inattendu et ça l’est encore plus quand tu le vis de l’intérieur. Je me rappelle qu’au début de saison, après un match à Rennes (le 08 août 2020, 1ère journée), Luis (Campos) nous dit qu’il part, qu’il s’en va et il nous quitte. De ce moment-là, jusqu’à la fin décembre, il n’y avait personne à la direction. On a presque travaillé tout seul pendant cinq mois. En réalité, c’était une période très intéressante parce que l’on ne s’occupait que du foot et de nos stratégies. Le groupe et la structure que Luis a créé avant de partir a fait que même quand il est parti, ça a fonctionné car il a créé une culture du travail. Les joueurs avaient un niveau de professionnalisme et d’engagement très important. Finalement, l’équipe c’est comme quand tu es parent et que tu as un enfant. Tu vois s’il est bien éduqué quand tu n’es pas là pour le surveiller. Nous, c’était le cas. Je me rappelle par exemple qu’un jour, on part de Lille avec un président et on arrive à Dijon avec un autre. C’était vraiment comme ça.

« Quand on gagne ce titre, on est tous comme des frères »

A chaque trêve, on se disait que « si on arrive à être premier là, on arrivera à faire la Champions League » et là, on arrive à la dernière trêve et on est toujours à la première place. On ne pouvait que se dire qu’on allait le faire. Le groupe s’entendait bien, n’hésitait pas à se dire les choses mais s’entendait bien. L’esprit était intéressant et le groupe vivait en bonne santé avec un gros potentiel footballistique. Notre point fort, c’était la cohérence. On était la meilleure défense d’Europe cette saison-là. C’était un truc monstrueux. On a pris que 21 buts quand même, c’était incroyable. On savait que sur le plan offensif, c’était Paris, Monaco et Lyon qui dominaient. De notre côté, on savait qu’un seul but c’était suffisant pour gagner et ramener les trois points. Nos adversaires avaient cette sensation de se dire que ça allait être compliqué de marquer des buts, alors ils s’ouvraient un peu plus. On en profitait et petit à petit l’équipe gagnait en confiance.

Quand on gagne ce titre, on est tous comme des frères. Cette saison m’a vraiment marqué. Il n’y avait que des matchs incroyables. Je me rappellerai toute ma vie de tout ça. Je nous revois encore après le match d’Angers quand on était dans le vestiaire, quand on arrive à l’aéroport, les jours d’après… Il y avait du monde partout dans la rue. Je ne sais même pas combien ils étaient mais tu regardais à droite, à gauche, devant ou derrière, il y avait juste des gens partout. Ma seule peine, ça a été de ne pas finir la saison à domicile pour fêter le titre directement à Lille. Dans le football, tu ne rêves pas beaucoup parce que le lendemain d’une victoire, tu te réveilles et rien n’a changé, tu dois repartir pour un autre match. Ce trophée, et les joueurs que j’ai côtoyés, étaient une récompense pour mon travail.

Quelle était l’importance des joueurs expérimentés dans votre groupe à cette époque ?

C’était important pour nous d’avoir des cadres. Luis, à l’époque, disait qu’on construisait notre équipe comme un arbre. Si le tronc est fort, à côté, tout peut grandir et s’épanouir. C’était la stratégie. Il y avait toujours Mike, un gardien très fort. Devant lui, un défenseur qui doit être le patron de la ligne (José Fonte). Devant lui, quelqu’un qui connait la ligue et qui peut donner des réponses et qui a la maturité dans son jeu comme Benjamin (André). Puis devant, c’était Loïc (Rémy) puis Burak (Yilmaz), quelqu’un qui peut aider Jonathan David ou Victor Osimhen, qui peut avoir du caractère et être respecté. Quand les défenseurs affrontaient Burak ou Loïc, ils savaient qu’ils affrontaient des mecs qui avaient joué la Champions League. Il y avait du respect.

« J’avais une relation particulière avec les joueurs et ça a été une force »

Après, on avait des Ikoné, Araujo, Soumaré, Bamba, Gabriel, Sven Botman qui profitaient de cette stabilité et cette maturité pour être au même niveau sur le terrain mais aussi en dehors. Des joueurs, quand ils arrivent, ils n’ont pas beaucoup d’habitude. Ils regardent comment les autres se préparent, comment ils travaillent, comment ils se concentrent. Ils regardaient alors les joueurs les plus expérimentés, leurs habitudes de travail et ils finissaient par faire la même chose. Cela a créé un véritable esprit dans le groupe. Les plus anciens apportaient tout ça, dans la préparation et à l’entraînement. Si quelqu’un s’endormait un peu à l’entraînement, il y avait toujours quelqu’un pour le réveiller. Cela soulage beaucoup un entraineur. On était presque sans présence de direction pendant plusieurs mois alors on s’est autogéré finalement. C’était le fruit de la culture du travail, du professionnalisme dans le groupe et dans le staff et du respect pour le foot.

Vous étiez très proche de vos joueurs en tant qu’adjoint (vacances). Est-ce que ce n’est pas difficile de faire des choix derrière quand on est très, voire trop, proche de ses joueurs ?

J’avais vraiment une relation particulière avec les joueurs. José (Fonte) habitait dans le même bâtiment que moi à Lille. Souvent, quand je rentrais tard le soir, il venait boire un café et jouer avec mon petit. On a créé un lien et ces liens personnels étaient très importants pour créer quelque chose. On a diné plusieurs fois ensemble avec tous les joueurs. Parfois, avec des joueurs différents, individuellement. C’était aussi la magie de Lille. C’est une ville avec beaucoup de monde, mais qui n’est pas très grande, surtout le centre. Tout le monde se croise. On avait cette relation où on faisait beaucoup de diners ensemble, notamment avec les joueurs portugais. On ne pouvait pas sortir donc on restait ensemble. On partageait des petits moments. Par contre, le lendemain, on était joueur et adjoint et le joueur et puis c’était l’entraîneur qui faisait les choix. Il faut être juste avant tout et savoir qu’on est là pour gagner. C’est intéressant car je suis resté cinq ans au LOSC, je n’ai jamais été agacé par un joueur ou inversement. Le plus important c’est de comprendre les joueurs et j’y arrivais par ce biais, cette connexion. Le rapport avec Ikoné n’est pas le même qu’avec Burak Yilmaz car ils sont complètement différents, comme André ou Xeka… Si on arrive à avoir cette complicité personnelle mais aussi professionnelle, on peut savoir percevoir certaines choses chez nos joueurs, dans leurs comportements. On peut savoir si ça va ou ça ne va pas par exemple et on était alors capable de prendre ça en compte dans notre management. Si on sait certaines choses, on peut prendre des mesures au préalable et cela nous a été très utile. Je pense avoir aussi été important pour l’équipe dans ce rôle là.

« Renato (Sanches)… C’était quelque chose »

Vous avez eu la chance de côtoyer des attaquants de grande classe, comme Victor Osimhen ou Jonathan David. Lequel est le meilleur ?

Ce sont des profils complètement différents. Je pense que Jonathan David, dans la surface, il est toujours là et je pense qu’il est le plus fort dans ce domaine. Il est à l’aise dans la surface. De son côté, Victor (Osimhen) va aller chercher le but quand Jonathan va l’attendre. C’est le but qui vient à lui. Victor, c’est quelqu’un qui va se battre pour se créer une occasion, mais ce n’est pas un tueur. Ce sera toujours un joueur qui va beaucoup marquer parce qu’il va les chercher lui-même. Jonathan, il a l’intuition. C’est aussi un joueur de liant, qui va venir s’intercaler entre les lignes et qui va être bon dans les petits espaces de profondeur. Victor, c’est complétement différent. Lui, c’est la profondeur avec des ballons dans le dos. Les avoir à deux ensemble, ça aurait été pas mal (sourire).

Jonathan David joue encore à Lille aujourd’hui. Suivez-vous encore les résultats du club ?

Oui, beaucoup. Lille est mon club en France après tout ce que l’on a vécu et tout ce qu’il m’a appris. J’ai encore des amis là-bas. J’essaie de les pousser de loin.

Quels souvenirs conservez-vous de votre année avec Paulo Fonseca ?

C’était une année très intéressante. Paulo (Fonseca) a apporté quelque chose de différent. Je pense que les gens vont en prendre conscience quand il partira. Tous les changements qui ont été opérés dans le club, il était le bon choix, au bon moment, pour lancer un projet différent tourné autour de jeunes joueurs. Il est capable de valoriser le collectif. C’est vraiment quelqu’un qui m’a beaucoup touché par son implication et son niveau de détails dans son jeu offensif. Il va jusqu’au bout, il est méticuleux. Les sorties de balle, c’est sa réponse au jeu. C’est son obsession pour rendre l’équipe plus performante. C’est aussi un challenge pour offrir quelque chose de différents aux joueurs. Au-delà de son côté très humain, c’est ça qui est marquant.

Quand il est arrivé, j’étais en fin de contrat. C’est lui qui a voulu que je reste et nous avons créé une belle relation. Je suis content de leur travail.

Je pense que c’est important de dire les choses et d’autant plus depuis le changement de direction. L’ambition et les objectifs, ce n’est pas la même chose. L’objectif du LOSC ne peut pas être d’être européen, parce que ce n’est pas juste de le dire. Par contre, l’ambition elle est là et je pense qu’ils ont les moyens de le faire parce qu’ils ont le travail, la qualité de travail, le sérieux nécessaire et le talent. Mais il ne faut pas leur mettre la pression, parce que la façon dont l’équipe joue et performe, c’est déjà important. L’ambition et l’objectif, ce n’est pas la même chose, il faut être juste et ça ne l’est pas de dire au groupe d’être européen parce qu’on l’a fait l’année précédente alors que le groupe a évolué. Il faut être réaliste et aussi voir les moyens des autres. Parfois, je pense que les gens sont un peu durs.

Vous pouvez m’en dire plus ?

Je pense à la saison après le titre. C’était dur pour nous, parce qu’on avait les mêmes joueurs et personne ne pouvait être plus déçu qu’eux-mêmes cette année-là. Il faut comprendre qu’ils avaient tout donné. C’est comme une femme enceinte. Elle donne tout pour accoucher et après elle a besoin de récupérer. Il y a eu cette adrénaline et là, le groupe avait besoin de souffler. Il y a aussi une histoire de dynamique, qui était différente. C’est pour ça que je dis que l’ambition est toujours d’aller le plus haut, mais il ne faut pas donner cette responsabilité aux joueurs.

Vous avez parlé du côté humain de Paulo Fonseca. Pouvez-vous m’en dire plus ?

Paulo entraîneur, il est pareil dans la vie de tous les jours. C’est quelqu’un de très transparent. C’est quelqu’un qui n’a pas de filtre et vous pouvez le voir dans la presse. S’il pense quelque chose, il va le dire et les joueurs, ils apprécient ça. Ils le respectent. C’est important pour ce lien de confiance avec les joueurs, pour performer et grandir.

Aujourd’hui, tout le monde parle de Leny (Yoro), mais à l’époque, il fallait un grand courage et un contexte pour permettre à Leny de faire des erreurs qui ont parfois coûté très cher à l’équipe. C’est la conviction, la confiance qui lui ont permis de s’exposer à ces erreurs. On avait une marge parce que l’équipe performait. Quand tu es relégable, c’est plus compliqué. Il y a ce contexte de club et la conviction du coach, qui estime que ces erreurs font partie du processus dans l’évolution d’un jeune talent. Il lui a donné cette confiance. C’est son mérite.

Pour aller un peu plus loin, avec les jeunes, quelles étaient vos relations avec les éducateurs. Comment liez-vous ces deux mondes, formation et professionnel, qui peuvent paraître si différents de l’extérieur ?

La saison dernière, c’est moi qui était en relation directe avec le centre de formation et avec Steph (Pichot), entraîneur de l’équipe réserve. Nous étions toujours dans l’échange. Il y avait beaucoup de joueurs qui bougeaient d’un côté puis de l’autre parce que l’on avait des besoins dans l’effectif. Je me rappelle que l’on avait débuté la saison avec 7 ou 8 joueurs de l’équipe réserve (Simon Ramet, Vincent Burlet, Jules Raux, Carlos Baleba, Joffrey Bazié…). On a donc créé cette relation, qui était aussi un peu informelle, où tous les jours on discutait. J’allais les voir pour prendre la température. Adrien Tarascon nous aidait également beaucoup sur ce point. Il faisait des analyses individuelles qui nous permettaient d’avoir plus d’informations sur les performances des jeunes. Et il y avait Sylvain Armand aussi, qui avait lui ce côté un peu plus institutionnel. C’était dur pour Stéphane la saison dernière. Très peu de joueurs s’entraînaient avec lui. Les éducateurs ont montré de très grandes capacités d’adaptation et ça aussi, il faut le souligner.

Par exemple, pour le cas de Carlos (Baleba), on discutait beaucoup entre nous. Aujourd’hui, je ne sais pas exactement comment cela se passe, mais je pense que cela a créé quelque chose d’important pour le club (une sorte d’héritage, ndlr).

Quand on parle de jeunes joueurs, cette année l’on pense à Ayyoub Bouaddi. Vous l’aviez déjà à l’œil les saisons précédentes ?

Pas beaucoup non, il commençait à peine à s’entraîner avec Sebastien Pennacchio. On en entendait un peu parler. On commençait à le connaître, mais c’était trop tôt. Chez les jeunes, on avait Cheikh Niasse par exemple, qui pour moi avait un très grand talent. Il y avait Rocco Ascone aussi. On a toujours été très proche du centre de formation, depuis que je suis arrivé. D’ailleurs, souvent, on disputait des rencontres avec l’équipe réserve qui se modelait en fonction de l’adversaire pour avoir un entraînement grandeur-nature. On a toujours eu ce lien. Maintenant, je pense qu’aujourd’hui, le besoin est plus fort au vu du manque de joueurs. Aujourd’hui, ça a créé quelque chose d’important pour le club et pour les jeunes, qui voient qu’il y a de la continuité et de la confiance pour eux.

« Le stade, le public, n’a jamais donné confiance à Léo (Jardim) »

Quand on parle des jeunes, on peut aussi penser à Lucas (Chevalier). Quoique, il vit déjà sa troisième saison chez les pros (sourire).

Justement, en parlant de Lucas Chevalier. Comment avez vous vécu et géré la passation de flambeau entre Léo Jardim et Lucas Chevalier ?

Lucas (Chevalier), quand je suis arrivé, il m’a surpris avec son niveau. Il n’avait que 18 ans, il jouait la Youth League et il était le quatrième gardien derrière Léo Jardim et Karnezis. J’ai été très heureux pour Lucas, mais aussi très attristé pour Léo, qui montre aujourd’hui qu’il avait le niveau (sélectionné avec le Brésil, ndlr). Je pense que les gens, au LOSC et même au stade, ne lui ont jamais donné la confiance. Lille n’était pas l’endroit pour lui, tout simplement, et il a bien fait de partir pour essayer de trouver un endroit où il pouvait apporter quelque chose. Il faut quand même rappeler que le moment où il prend la place dans les cages, on prenait des buts de partout. Il arrive, il enchaîne les matchs avec des performances incroyables et des clean-sheets. Quand il démarre la saison suivante, il prend trois buts à Metz. Il faut aussi se mettre dans sa peau. La saison, quand Mike (Maignan) part, on a cherché partout quelqu’un alors qu’il était là. Ce n’était jamais lui. Quand tu connais l’homme qui est derrière, il faut le mettre en confiance et je pense qu’il n’a jamais eu ce retour de tout le monde, du stade et du public compris. Et puis, il faut aussi dire qu’il avait une flamme derrière lui, celle de donner la chance à un petit gamin du club.

D’ailleurs, Lucas en a bien profité et il performe vraiment bien, même si je pense qu’il a fait quelques erreurs comme Leny au début, mais il a toujours eu la confiance des gens et c’est au derby, où il change et il a un plus de confiance. C’est de là que ça part. Je pense que Lucas a un grand talent, un gros potentiel, mais je pense qu’il débutera un véritable challenge lorsqu’il quittera le LOSC. Il sortira de sa zone de confort, se battra pour sa place. Il quittera sa ville et c’est toujours un pas délicat pour un joueur. Je pense qu’il a un potentiel international et il aura cette capacité s’il part dans un autre contexte. Ce sera un challenge qui lui permettra de confirmer le potentiel et l’attente qu’il y a autour de lui.

« Lucas, il a fait l’arrêt le plus incroyable que je n’ai jamais vu à l’entraînement. Il était comme un poulpe »

Finalement, au LOSC, vous n’avez connu que des bons gardiens ?

Oh oui. Je crois que j’ai connu, au LOSC, les meilleurs gardiens avec lesquels je n’ai jamais travaillé, avec Mike surtout. C’était incroyable. Je suis content pour Léo, voir qu’il confirme son potentiel. Techniquement, c’est un poste que j’adore. Je passais mon temps libre à rester observer l’entraînement des gardiens (rires). Lucas, il a fait l’arrêt le plus incroyable que je n’ai jamais vu à l’entraînement. Il avait 17 ans, le lendemain d’un match. C’était un petit jeu. Il fait un premier arrêt qui est déjà très dur et ensuite, il était dos au jeu et il lève le bras et il tape le ballon. Il était comme un poulpe. Je n’avais jamais vu ça. Lucas a vraiment un gros talent. Je pense qu’il a encore une marge de progression, notamment dans les un contre un. Je pense qu’il donne encore trop la solution à l’attaquant. Cela se voit surtout en équipe nationale. Après ça, il a tout. Il est grand. Il a une arrogance qui est parfaite pour ce poste-là. Dans le poste de gardien, le mental est l’une des choses les plus importantes et quand tu as une attitude un peu plus timide, comme Grbic ou Léo, tu ne dégages pas de confiance. Mike, c’était encore différent de Lucas. Lui, c’était un compétiteur et il agaçait tout le monde avec ça. Il poussait tout le monde. Sa communication était différente. Il anticipait tout et il était très différent. Cela se gagne avec la confiance et tu le vois avec Léo à Vasco de Gama. Le contexte change la personnalité.

Il y avait aussi Orestis Karnezis. Personne ne parle de lui et pourtant, il était très important. C’était le mec qui était là, tranquille, dans son rôle, mais il apporté beaucoup d’expérience, de patience. Il était important dans la communication. Adam Jakubech assume aussi son rôle. Il bosse et travaille bien au quotidien. Il doit être un peu déçu de ne pas jouer, mais il donne tout. Je pense qu’un gardien qui est excellent, c’est signe que le groupe des gardiens travaille bien. Je pense que Lucas a passé la phase de test et que c’est à lui de s’offrir un challenge pour grandir graduellement. Il faut qu’il fasse son chemin. S’il est important chez les U21, il deviendra important chez les Bleus.

Un profil complétement différent, José Fonte a quitté le club l’été dernier. Comment expliquez-vous son départ ?

J’ai une relation personnelle avec lui, j’ai été le voir très récemment avec Braga. La raison de son départ, c’est d’abord la fin de son contrat. Je ne sais pas exactement comment cela s’est passé, mais pour quelqu’un qui représente quand même quelques années du club, je pense que les choses auraient pu se passer différemment. J’espère que le club attend de faire quelque chose pour lui. Je sais qu’il a toujours le soutien des supporters et c’est le plus important. Aujourd’hui, je pense qu’il a trouvé une expérience qui lui plaît. Au LOSC, il ne pouvait plus se battre pour des titres, là il a disputé la Champions. Il est dans une phase où il se demande s’il va encore continuer. Je pense qu’il peut encore continuer un an, mais ce n’est pas facile à son âge, même de lutter face aux clichés.

Au delà de l’exemple, parce que c’est quelqu’un de respectueux et de respecté, mais il est d’une fiabilité à toute épreuve. Je ne connais pas un défenseur central qui s’est moins blessé que lui. Cet été, je pense qu’il a compris que ça devait s’arrêter (avec le LOSC, ndlr). C’est comme avec ta copine. Quand tu lui envoies des messages et qu’elle ne répond pas, c’est que ça ne va plus. Dans le football, c’est comme dans la vie. Peut-être qu’il y avait un côté plus attaché que l’autre. Il fallait prendre conscience que c’était fini et trouver autre chose. Il l’a fait.

« Les supporters disaient que les joueurs choisissaient leur match, mais eux aussi. Quand il fallait mettre de l’argent, ils voulaient voir Chelsea et pas Montpellier ou Clermont »

Une partie de votre histoire sur laquelle nous ne sommes pas encore bien revenus, c’est celle avec Jocelyn Gourvennec. Quels sont vos souvenirs de cette période ?

J’ai parfois été choqué. Lui, par exemple, il restera toujours dans l’histoire du club avec le Trophée des Champions et avec la Ligue des Champions, mais personne ne s’en rend compte. Il faut rappeler que ce n’est pas normal de voir Lille être champion de France. Quand tu arrives dans un projet où tu dois remplacer un entraîneur qui a été champion de France, que tu arrives une ou deux semaines après la reprise, dans un groupe qui avait vécu le meilleur moment de l’histoire de chacun, c’est difficile. Ce n’est pas que les joueurs n’avaient pas faim, mais c’était comme une orange pressé. Ils avaient tout donné et il n’y avait plus de jus. Ce n’est pas facile d’arriver dans un club qui a vécu une saison comme celle que l’on avait vécu. L’attente était de faire mieux alors que c’était impossible de faire mieux. On ne pouvait que faire pire.

La vérité, c’est que c’est peut-être durant cette saison-là que l’on vit les matchs les plus fous avec le Trophée des Champions à Tel-Aviv ou la Ligue des Champions. A Séville, c’était un match de folie dans lequel on voit un groupe, une équipe qui dégage quelque chose. Contre Wolfsburg, on marque un but qui est refusé parce qu’on nous dit que le ballon sort. Encore aujourd’hui, personne ne sait dire s’il était vraiment sorti. On finit premier dans notre groupe de Champions League, c’était une première. A côté de ça, c’est vrai que le championnat, ça n’a pas marché. La suite de Mike (Maignan), cela a été très dur. Je pense que cela nous a coûté cher, vraiment très cher. J’avais fait mes analyses, je les avais partagées à tout le monde en interne, mais on ne m’avait pas vraiment écouté. Quand tu passes de la meilleure défense d’Europe à la treizième défense de France, la confiance elle s’envole.

« Le terme qui représente Jocelyn, c’est le respect pour le football »

Jocelyn (Gourvennec) n’est pas arrivé au bon moment, déjà avec le départ de Christophe qui a traîné. Par exemple, moi j’étais parti à Nice avant de rentrer à Lille. Je démarre la saison avec l’équipe et tout le staff technique change. Honnêtement, tout était trop bizarre, mais le couperet tombe toujours sur l’entraîneur. Le football est parfois injuste, cela a été le cas pour Jocelyn et pour les joueurs. C’est la seule chose que je n’ai pas aimé à Lille, c’est quand les supporters demandaient de mouiller le maillot. Quatre mois avant, ces même joueurs créaient les souvenirs qui resteront à vie et ils ont montré du caractère. On aurait voulu avoir le soutien des supporters. On arrivait pas à performer et parfois, cela arrive. C’est comme ça le football. On a tous été déçus, mais était-ce juste de réclamer une deuxième saison exceptionnelle ? On commence la saison avec Onana comme recrue et ensuite avec Gudmundsson et Zhegrova durant l’hiver. On devait lutter avec Messi pour le titre ? Je ne pense pas. Il faut être réaliste. On avait pour ambition de faire le mieux possible, mais on n’y est pas arrivé.

Le terme qui représente Jocelyn, c’est le respect pour le football. Il était très apprécié par les joueurs. Il était très investi. C’était vraiment une saison difficile. La saison d’avant, Burak tirait de 35m et ça faisait but, cette année-là, les étoiles ne voulaient pas s’aligner, sauf en Champions League et lors du Trophée des Champions.

Cette Champions League a-t-elle été vécue comme une bol d’air frais ?

Oui, je pense que c’était une autre source de motivation pour des joueurs qui venaient de gagner le titre. Les supporters disaient souvent que les joueurs choisissaient leur match, mais les supporters aussi. Quand il fallait mettre de l’argent, ils voulaient voir Chelsea et pas Montpellier ou Clermont, c’est normal. Nous n’avons pas fait exprès, c’était dans l’inconscient. On préparait les rencontres de la même façon. C’est comme pour les gros matchs. […] J’aurais aimé un peu plus de respect pour les joueurs. C’était une saison pour débuter un changement de directive. On n’a pas eu la chance, ni peut-être la compétence, pour être meilleur, c’était comme ça. Et puis il faut rappeler que le regard des autres avait changé. Nous n’étions plus une surprise, mais l’équipe à abattre.

« Je ne garderais que des bons souvenirs du LOSC »

Pour dresser une sorte de bilan, qu’avez-vous appris de plus important chez chacun des entraîneurs que vous avez côtoyé ?

Chez Christophe (Galtier), c’est le management global d’un club. La capacité de communication en interne. Il faisait un zoom très grand. Son management était très fort, aussi avec la presse dans sa communication. Il avait une très grande capacité pour engager tout le monde avec lui. Pour Paulo Fonseca, c’est l’obsession du jeu. Tout est tellement bien fait. Il y a de la cohérence entre l’idée et le travail pour le mettre en place. Jocelyn (Gourvennec), c’est sa franchise. Sa relation avec les joueurs, le respect qu’ils entretenaient et son respect pour le football. Il disait même que l’on devait tous avoir conscience que l’on devait tout au football, grâce au football. Si tu as ça dans ta tête, tu sais que tu peux tout donner pour la chose qui t’a tout donné.

Y-a-t’il un joueur que vous avez côtoyé et que vous regrettez de ne pas être plus parvenu à faire briller ?

Je pense à Luiz Araujo. Il aurait dû rester. Il quitte le LOSC lorsqu’il commence à arriver à maturité, un peu comme peut le vivre Edon Zhegrova aujourd’hui. C’est dur quand tu arrives dans un championnat difficile. Souvent, la première année est celle de l’adaptation. La seconde, c’est celle où tu commence à voir des petits trucs et puis la troisième, c’est la confirmation du talent. Je pense que les deux ont un parcours similaire. Pour moi, le seul qui n’a pas confirmé, même s’il était déjà très haut, c’est Renato (Sanches). Quand je suis arrivé, Renato… C’était quelque chose. Je regrette qu’il n’ait pas pu briller après le LOSC. J’espère qu’il aura encore du temps pour retrouver son niveau et qu’il retrouvera son sourire, c’est le plus important.

Pourquoi avez-vous quitté le LOSC et quelle est votre priorité aujourd’hui ?

Je ne garderais que des bons souvenirs du LOSC. J’ai beaucoup apprécié le respect avec l’une ou l’autre direction. Ils m’ont toujours donné du crédit. Arriver à quatre saisons au LOSC, j’étais dans ma zone de confort, je sentais que je devais partir. Par contre, je n’aurais pas dû rejoindre un autre club. J’aurais du patienter et travailler sur moi-même. Je regrette d’avoir sauté le pas sans réfléchir. […] Ma priorité aujourd’hui est de redevenir adjoint. Ce que j’aime le plus, c’est être sur le terrain, à l’entraînement, échanger avec les joueurs. Quand on est entraîneur, tu as moins de plaisir parce que tu es trop dans la politique. J’espère pouvoir redevenir adjoint la saison prochaine, trouver un projet plaisant avec des gens ouverts à l’idée de travailler avec moi. C’est ma priorité.

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