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Le décryptage tactique de la rencontre RC Strasbourg – LOSC

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Crédit photo : Imago

A la suite d’un nouveau match abouti face à Strasbourg, le LOSC est co-leader de Ligue 1 avec Rennes. Retour sur les enseignements tactiques de ce match.

1er février 2020, à la Meinau, 12ème minute d’un Strasbourg-Lille sous tension. Après son élimination surprise face à Epinal trois jours plus tôt, mais aussi trois défaites de rang en Ligue 1, les Lillois doivent se reprendre. Mais sur une relance anodine de Mike Maignan, Renato Sanches glisse et offre un cadeau à Adrien Thomasson, qui se fera un plaisir d’ouvrir le score. Les Lillois finirent tout de même par l’emporter au finish grâce à des buts de Gabriel et Osimhen dans la dernière demi-heure. Mais 8 mois plus tard, le dimanche 4 octobre, sur la même pelouse, Renato Sanches semblait avoir quelque chose à prouver, et sa performance XXL permis au LOSC de s’imposer assez facilement 3-0.

Face à un adversaire agressif sur le porteur du ballon, et souvent difficile à manœuvrer sur sa pelouse, le 4-4-2 de Christophe Galtier a muté en phase offensive. Comme face à Nantes, Benjamin André a très souvent coulissé à la droite de José Fonte, permettant d’organiser la relance à trois derrière. Cela permet aux deux latéraux lillois de monter très haut, quasiment à la hauteur des ailiers, et de nombreux surnombres sont à jouer dans le camp adverse, parfaitement quadrillé. Les deux avants-centres couvrent la zone axiale, les ailiers les demi-espaces, et les latéraux les couloirs. Dans ce système, un seul homme est en infériorité numérique : Renato Sanches. Très souvent isolé, il doit être capable de résister à la pression adverse, ici exercée par les deux milieux axiaux de Strasbourg Djiku et Aholou, mais aussi bien orienter le jeu, servir ses partenaires qui se projettent ou décrochent, et accompagner les actions pour apporter le surnombre. Et c’est un euphémisme de dire que le Portugais était parfaitement à l’aise dans ce rôle dimanche dernier. Il a brillé dans l’entre-jeu, aussi bien défensivement (17 ballons récupérés) qu’offensivement.

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La performance de Renato Sanches ne doit pas totalement effacer un match où les Lillois ont d’abord été mis en difficulté, surtout offensivement. D’abord coupés en deux à cause du pressing strasbourgeois, les Dogues ont eu du mal à se trouver dans le camp adverse. Strasbourg avait décidé de calquer son système défensif sur l’animation offensive lilloise, avec un marquage individuel très agressif, où chaque joueur était suivi comme son ombre par son adversaire direct. Plusieurs fois, on a pu voir Mitrovic suivre les déplacements de David jusqu’au rond central, ou Caci suivre Luiz Araujo jusqu’à la ligne de touche opposée. Il faut cependant noter un certain réalisme des Lillois sur cette rencontre qui ont réussi à concrétiser leurs meilleures occasions et à, pour une fois, se faciliter la fin de match.

Une grosse évolution du jeu lillois est à noter sur ce début de saison, surtout par rapport aux deux dernières années. Reconnu pour son jeu de transition rapide et direct, avec Pépé et Osimhen comme détonateurs successifs, le LOSC doit désormais davantage affronter des blocs bas venus contrer cette force. Pour y faire face, le renouvellement tactique de Christophe Galtier est clair, avec un jeu de position bien plus posé et contrôlé. La possession y est plus calme, et moins de longues ouvertures dans la profondeur sont tentées. On retrouve plutôt différents circuits-types : le décrochage d’un des deux avants-centres (souvent Yilmaz) pour permettre l’appel d’un ailier dans le dos du défenseur central. Le deuxième but du jour peut montrer une autre façon de faire, en passant par les côtés et en exploitant les intervalles : Bradaric décale Bamba, qui sert à son tour David, à chaque fois dans les espaces entre les défenseurs : si ce dernier ne peut conclure, Renato Sanches se fait un plaisir de le faire à sa place. Ce plan offensif s’accompagne d’un bloc-équipe très haut et d’un contre-pressing très intense, la marque de fabrique de cette équipe lilloise. Cela permet de maintenir le ballon dans le camp adverse, et en récupérant la possession proche du but, de pouvoir se créer des occasions rapidement. Le somptueux but de Zeki Celik témoigne de cela, et la très grosse occasion de David sur une interception d’une passe de Lala à la 47ème minute, aurait également quasiment pu tuer le match. Autant d’armes offensives qui permettent à Lille d’aborder des blocs bas de manière assez diversifiée, aussi bien par l’axe du terrain que par les ailes, en cherchant des circuits en triangle ou en utilisant la profondeur.

« Je suis très satisfait de sa prestation. On connaît ses qualités et je ne suis pas étonné » Christophe Galtier, à propos de Renato Sanches

Face à ce bloc très haut, les équipes affrontant le LOSC ont pour l’instant surtout essayé de défendre de façon compacte pour se projeter rapidement en transition. Metz, Nantes et Strasbourg l’ont tous fait, à leur manière. Face aux Strasbourgeois, la clé défensive du match fut dans la gestion des ballons aériens. Très recherché, Ajorque a posé des soucis à la défense lilloise, et l’équipe de Thierry Laurey avait comme consigne claire d’aller vite vers l’avant et de jouer en déviation sur son imposant buteur. Mais à l’image du début de saison, ces transitions furent plutôt bien contrôlées par le LOSC, encore une fois grâce à la très bonne gestion et complémentarité de la charnière Fonte-Botman, jamais dépassée sur contre-attaque. Et lorsque les Lillois étaient regroupés, Strasbourg a vite manqué d’options. Les Strasbourgeois ont tenté pas moins de 32 centres, 87 longs ballons et ont bénéficié de 11 corners, et la défense lilloise s’est montrée résiliente à défaut d’être toujours rassurante. Si elle peut se targuer d’être la seule équipe de Ligue 1 à n’avoir toujours pas concédé de but dans le jeu (deux buts sur corner face à Rennes et Marseille), il faudra toutefois faire attention face à des équipes plus en confiance que Strasbourg, particulièrement irréaliste dans ses temps forts. Et mieux gérer les phases arrêtées, où les Strasbourgeois ont très souvent pris l’ascendant dans les duels aériens.

Cette victoire vient confirmer le meilleur début de saison de l’histoire du LOSC. Alors qu’après la reprise de la trêve internationale, les Lillois vont devoir enchaîner 7 matchs en trois semaines, la dynamique est très positive, même avec un jeu encore perfectible. Et quoi de mieux qu’un choc à domicile face à Lens pour continuer sur cette excellente dynamique. On peut déjà imaginer les clés de la rencontre : la relance lilloise face au pressing adverse, la bonne défense des combinaisons offensives lensoises, comment attaquer les espaces laissés par Lens. Un derby du Nord où les deux rivaux sont sur le podium, ça n’arrive pas tous les jours : un match à ne pas manquer, et surtout, à ne pas perdre.

Timothée Barnaud

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