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Mickaël Foor : « Je préfère commenter sur LOSC TV que sur Canal + »

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Entre envolées, cris de joie et déceptions, voilà quinze saisons que Mickaël Foor est la voix des Dogues sur LOSC TV. Pour le Petit Lillois, le commentateur emblématique du club nordiste revient sur sa belle carrière derrière le micro de son équipe favorite.

Comment est née ta passion pour le LOSC ?

Mon père est un immense fan du LOSC, il est toujours allé aux matchs depuis Grimonprez-Jooris. Il a commencé à m’emmener au stade en 1985-1986, lorsque j’avais cinq ou six ans. C’était l’époque des Belges : Heylens, Vandenbergh, Desmet. À l’époque, il n’y avait pas plus de 6000 personnes à Grimonprez, et mon père raconte que je passais plus de temps à courir dans les tribunes qu’à regarder le match.

 

As-tu continué à y aller en grandissant ?

Oui, au début des années 1990, j’ai commencé à me rapprocher des Dogues Virage Est. C’était leurs débuts. Je me souviens d’un groupe de jeunes qui prenait beaucoup de plaisir à chanter et faire des pogos dans tous les sens. Sans être un capo, j’aimais beaucoup grimper aux grillages et lancer des chants. L’un de mes meilleurs souvenirs est l’anniversaire des cinq ans du groupe en 1994, un Lille-Caen mémorable. Mon idole de l’époque était Kenneth Anderson.

 

Comment sont arrivés tes premiers contacts avec le club ?

J’ai joué au football à un niveau régional pendant toute mon enfance. Par la suite, je suis devenu éducateur, d’abord à Wasquehal, puis au LOSC en 2005. J’ai entraîné les poussins et benjamins (aujourd’hui U11 – U13) jusque 2011. J’ai la chance d’avoir vu passer des jeunes qui ont découvert le monde professionnel ces dernières années : Benjamin Pavard est le plus marquant forcément, de par son parcours mais aussi par sa qualité humaine. Mais je pense également à des garçons comme Moussa Niakhaté (Mayence), Martin Terrier (Olympique Lyonnais), Obbi Oularé (Standard de Liège), Rémy Descamps (Sporting Charleroi) ou Alexis Araujo (Quevilly-Rouen) qui font des débuts de carrière intéressants. Je souhaite aussi rendre hommage à Michel Vandamme (père de Jean Michel, ndlr) et Francis Dubreucq, éducateurs historique du club que j’ai côtoyés et qui nous ont quittés depuis.

 

La réaction de nos commentateurs au but d'Ikoné

???????? L'égalisation (superbe) d'Ikoné, c'était hier soir. Aux commentaires, Mickäel Foor et Nicolas Bielawski ont réagi comme ça.Et vous ? ????

Publiée par LOSC sur Jeudi 24 octobre 2019

 

D’éducateur sportif à commentateur, quel a été ton parcours dans les médias ?

Cela s’est fait tout à fait par hasard. Je ne venais pas du tout de ce milieu, j’étais en école d’informatique. Un jour, en 2001, un ami qui travaillait à France Bleu Nord m’a contacté. La station avait besoin de commentateurs pour suivre le cinquième tour de la Coupe de France au niveau local. Je ne travaillais pas encore au LOSC mais mon pote savait que j’étais entraîneur et que je suivais le foot régional. J’ai donc été envoyé sur un Mons en Baroeul – Guesnain, après quoi tout s’est enchaîné : le service des sports de France Bleu Nord a accroché, ils m’ont envoyé sur du basket et certains matchs de football. J’y suis resté une dizaine d’années.

 

C’est alors que le service communication du LOSC a frappé à ta porte…

C’est Aurélien Delespierre, actuel responsable de la communication du club qui a eu l’idée de mettre quelqu’un au commentaire des matchs. Ce n’était pas retransmis en direct comme aujourd’hui, mais le but était de mettre une voix « pro LOSC » sur les extraits de matchs qui allaient se retrouver sur le site. France Bleu Nord n’y voyait pas d’inconvénient, alors je me suis lancé. Nous avons commencé avec les matchs de Coupe d’Europe en 2004-2005, puis j’ai suivi les rencontres de championnat.

 

« Je n’aurais plus envie de commenter sur un média neutre »

 

Quels sont tes souvenirs les plus marquants au commentaire d’un match des Dogues ?

Forcément, il y a le coup franc d’Obraniak lors de la finale de coupe de France en 2011. Mais je ne peux pas oublier le but de Kader Keita à San Siro en 2006. Déjà parce que c’est le but de la qualification en huitièmes de finale de Ligue des Champions, en plus contre le Milan AC, un club que j’avais vu au plus haut niveau du foot mondial durant toute mon enfance. Mais aussi parce que c’est le commentaire dont on m’a le plus parlé, l’extrait qui est le plus ressorti sur les réseaux sociaux des années plus tard. C’est ma première grosse émotion au micro de LOSC TV.

 

C’est peut-être ça la patte « Mickaël Foor » : des explosions de joie pas toujours maîtrisées sur les buts de son club de cœur !

Peut-être (il sourit)… J’assume qui je suis et mes méthodes. Je pense que les gens s’identifient à ce que je fais parce que je suis comme eux : un supporter en tribune qui se lève et hurle quand le LOSC marque. La seule différence, c’est que j’ai un micro allumé devant moi ! D’ailleurs, je ne travaille plus pour France Bleu depuis dix ans, mais je crois que je n’aurais plus envie de commenter sur un média neutre désormais. Je préfère commenter un match sur LOSC TV que la Ligue 1 sur Canal +.

 

Ces dernières années, tu t’es aussi laissé prendre au jeu de Twitter, où l’on a pu te voir par moments chambrer des supporters adverses…

Oui, mais c’est quelque chose que je fais moins maintenant. De base, je ne suis pas très réseaux sociaux, je n’ai que Twitter depuis quelques temps. Le LOSC, c’est ma maison, ma famille, et je le défends bec et ongle. Avant, il m’arrivait de chatouiller des supporters du club voisin, mais je ne veux manquer de respect à personne alors j’ai arrêté. Désormais, je suis prévenant et je fais attention à ce que j’écris.

 

« Lille, c’est toute ma vie »

 

Depuis quelques saisons, les commentaires de LOSC TV sont filmés côté tribune de presse et diffusés en live sur Facebook. Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

Nous avons lancé cette idée en 2018 lors de la réception d’Amiens à huis clos. Beaucoup de supporters abonnés au stade n’ont pas de chaînes de sport, alors nous avons pensé que ce serait un bon moyen de leur faire vivre le match autrement et surtout gratuitement. Le concept a plu et nous avons continué. C’est un exercice nouveau : avec Nicolas Bielawski, qui m’accompagne cette année au commentaire, cela nous permet de les voir interagir en direct et de répondre à leurs questions de temps en temps.

 

Comment commenter des moments difficiles (saisons de maintien, défaites à répétition, incidents avec les supporters…) quand on travaille pour le média du club ?

Avec le temps, c’est quelque chose que j’ai réussi à faire. Il faut prendre du recul, prendre son temps pour analyser la situation. Je suis quelqu’un de nature très optimiste, alors j’arrive à tirer le positif -ou en tout cas le moins négatif- de chaque situation. Cela peut être frustrant, mais il ne faut jamais laisser l’émotion prendre le dessus et rester professionnel. Je me souviens toutefois d’un Lille-Guingamp en 2018, où l’on se fait égaliser en fin de match (2-2 score final), et qui a failli nous coûter très cher. Ce jour-là, ce n’était pas évident…

 

Comptes-tu rester encore longtemps au micro de ton club ?

Tant que le LOSC voudra de moi, oui ! Heureusement, j’ai un métier au district des Flandres qui me permet de garder mes créneaux de commentateur. J’ai conscience de la chance que j’ai car les gens me le répètent souvent. Je commente mon club de cœur, c’est un truc de dingue. Lille, c’est toute ma vie. Je suis bien plus fan du LOSC que de foot. Je peux passer plusieurs semaines sans regarder la Ligue 1, voire la Ligue des Champions, mais pas sans mon club.

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